17/10/2007

FERMETURE

Voilà

C'est décidé

Je ferme ce blog

Beh oui

Vous voulez savoir pourquoi ?

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Vous êtes curieux hein ?

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Est-ce que je dois vous le dire ?

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Bon je vais vous le dire

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Parce que

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Parce que

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Je le déménage

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Beh oui, il était temps de me faire un site en tant qu'infographiste

 

L'adresse :

http://www.yakalire.be

Clin d'oeil

Ne postez donc plus rien ici, svp, tout va bientôt se détruire. 

Merci à Syknetblog d'avoir supporté tout ce temps le poids de mes mots

 

05/10/2007

Un goût amer

Il y a des âmes tellement basses qu'il est vain de vouloir les relever.

Yvonne Kastou

03/10/2007

Les Baisers

Baromètres de l’intimité,
Il y a mille et un baisers,
Caressants, possessifs ou salaces,
Archaïques, subtils ou fugaces. 

Ils parlent mieux qu’un mot,
Autant le corps que le cœur donnent chaud,
Gourmands, affamés ou timides,
Cannibales, impérieux ou avides. 

Passion, désir et tendresse,
Variété infinie de bouches en caresse,
Vampires, prédis ou perdus,
Volés, magiques ou inattendus. 

Le cœur s’emplit et l’esprit titube,
Frissonnés, fiévreux ou incube,
Délicieux, fruités ou extatiques,
Déposés, fatals ou aromatique. 

Dans le cou, signe de passion,
Flamme, ivresse et adoration,
Signe d’amour sur les lèvres,
Ivresse, inspiration et fièvre. 

Absorbeurs d’essence vitale,
Buveurs de souffle, douceur labiale,
Effleurés, volés ou frottés,
Nourriture de l’âme que des baisers. 

Boulimiques, à la vanille ou chocolat,
Ils sont de mes desiderata,
Artistiques, à la gouache ou au crayon,
Des baisers en toutes saisons. 

 

22:40 Écrit par Yvonne Kastou dans Amour et Sentiments | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

29/09/2007

Le Spéléologue V

Si vous n'avez pas lu :

Chapitre I
Chapitre II
Chapitre III
Chapitre IV

 

 

 

 

Cette vision était-elle réelle ou était-ce le fruit de mon imagination ?
Etait-elle là pour me sermonner ? Est-elle ange ? Est-elle démon? Ou réalité ? Ou simplement le périsprit de son troisième état. Ne dit-on pas que L'âme ne connaît plus l'existence humaine comme nous la vivons, mais ne parvient pas non plus à gagner la félicité éternelle, à "monter au ciel".
Connaît-on à ce point ceux que nous appelons esprits, qu'ils daignent communiquer avec nous ? Était-elle revenue sous prétexte d’abandon ?
S’il se peut que rien ne soit irréel, tout, alors, constitue la réalité. Un songe est une réalité, un mirage est une réalité, une image est une réalité. L’imaginaire est ce qui permet d’aller au-delà du concret, d’appréhender des réalités sans substance. Mais c’est encore des réalités en cela qu’elles interagissent avec notre vie.

Et là, imaginaire ou pas, j’avais cet effet qu’une flèche venait transpercer mon cœur. J’ai fermé un moment les yeux pensant que peut-être, il me manquait de l’oxygène et que mes rêveries m’avaient portés à un point d’égarement. C’est alors qu’une voix se fit entendre. Une voix douce, calme et suave, une voix féminine, enchanteresse, attirante telle que le chant des sirènes comme le décrit l’Odyssée de l’Iliade. Et cette voix, je la connaissais. Je la connaissais très bien même, mieux que toutes autres.

mâm eva ye prapadyante mâyâm etâm taranti te

Elle parlait une langue que je ne comprenais pas.
J’ai réouvert les yeux et ma vision était toujours bel et bien là. Oui, je voyais bien un visage animé dans la roche. Je distinguais bien deux yeux, un nez, une bouche. Des traits distincts et apparents. Un regard pur. Et ce visage était bel et bien celui de ma mère. Elle nous avait quitté il y a quelques années déjà. Malheureusement, je n’étais pas à ses côtés, une expédition m’avait emporté au loin.

mâm eva ye prapadyante mâyâm etâm taranti te

Elle répétait cette phrase que je ne comprenais pas et je me demandais si cette vision était pur fruit de mon imagination.
A croire qu’elle entendait mes pensées, elle me dit à peu près ceci :

Seuls ceux qui m'approchent croisent cette illusion. La réalité t’est souvent imperceptible parce que tu n'as pas été instruit de ce qu'il fallait y voir. Ta réalité est éphémère et chimérique. La vraie réalité correspond à ce qui est donné par les sens, par ce que tu vois, ce que tu touches. Et tu vois mais ne le sais pas encore.

Je la voyais, certes mais il m’était impossible de la toucher puisqu’elle apparaissait dans la roche comme un projecteur sur un écran.

La réalité sensible se révèle insaisissable et perfide. Les réalités que tu y saisis découlent de la relation que tu as avec elles, et les sens sont une fontaine d'illusions. La réalité en elle-même, en toi-même est inconsistante. La réalité est d'abord une affaire de conscience. Crois en toi. Il n'y a d'autre réalité que toi-même. Fais fi de la doxa. Tu tiens quelque chose pour réel, le sensible, mais sitôt que les phénomènes se montrent contradictoires, cette croyance est ébranlée, le statut de la réalité sensible devient problématique. La réalité appartient à ce qui a le plus de permanence dans le devenir.
Ce qui t’a attiré ici est en toi. Ce que tu viens chercher au-dehors est en dedans.

Je sentais la terre se dérober sous moi, sentiment d’un étrange vertige qui s’installe et vous rend plus imparfait encore quand on voudrait être si présent.
Au plus près les méandres compliqués des paysages intérieurs me faisaient découvrir des contrées merveilleuses que je n’osais même pas imaginer dans mes rêves les plus fous.

Je suis la déesse bicéphale, servante de Huitzilopochtli. Regarde depuis la porte du ciel, là où le cycle céleste fusionne avec le prochain. Cesse de marcher dans l’obscurité. Enquiers-toi de l’état de santé de la cellule originelle. Les comètes bienfaisantes qui ont cueilli pour toi, au fin fond de l'espace, cet ADN vital. Vas et explore-toi, je te guiderai des rayons de mon maître. Je suis en toi. Je fais partie de toi. Je suis toi.

Je me suis retrouvé dans l’obscurité la plus totale, mon corps se mit à glisser sur la paroi alors que j’étais coincé auparavant et je me suis retrouvé suspendu à une corde, les pieds dans le vide, ne sachant où trouver appui. Je goûtais aux ténèbres et au silence absolu qui m’enveloppait dans un gouffre sans fond. Je n'ai jamais été confronté à une telle abysse qui suspend l'instant dans une froide nuit minérale.
Me voilà seul dans le néant obscur au bout d'une corde grasse.

Que s’était-il passé dans ma tête pour être venu ici, disparaître dans le noir quand tout le monde ne rêve que de lumière. Qu’étais-je venu chercher ? L'excitation de l'inconnu, sans aucun doute, le plaisir de passer dans un autre monde. Mais pas de là à penser à aller de l'autre côté.
Après cette aventure, je me suis dit qu’il n’était pas hasardeux que je choisisse un tel métier. Le spéléologue n’est-il pas celui qui tente à regagner les entrailles de sa matrice pour espérer y découvrir les réponses, à l’inverse du poète qui est celui qui aspire à naître et s'engendrer par le verbe. Tel le jeune enfant qui ne parviendrait pas à traverser le stade du miroir, le spéléologue doute de l’extérieur union comme le poète redoute l'intérieure division.

Sans doute la raison de la vision de ma mère plutôt qu’une autre personne.
C'est par le travail de l’exploration qui développe la lucidité que le spéléologue va descendre en lui-même, voire l'archéologue, de sa propre terre pour tenter de retrouver dans les régions les plus reculées de la mémoire et de l'être la trace, la voie de l'origine. Il se fait explorateur, entreprend des fouilles et part ainsi pour l'aventure intérieure.

Le spéléologue, tel Orphée, descend dans les viscères de la terre et, au plus près des secousses telluriques, vit le début d'une imperceptible mutation;
Cette incursion au fond de lui-même, de sa terre, le conduit vers le secret des racines. Pour s'unir il faut descendre en soi, se détraquer. La source, la lueur, sont toujours liées à une descente. Une descente en soi-même. C'est dans ces abysses qu'enfant il découvrit une clairière et une source, anticipation de la descente en soi-même qui s'ouvre sur la lumière de la plénitude, de l'adhérence à la vie. Le éden n'est pas divin, il est caché au royaume des morts, où est enfoui le secret, et c'est au prix d'un travail de fouilles en soi qu'il sera par instants accessible.
Voilà, je savais maintenant pourquoi j’étais là. Pourquoi j’avais été attiré tel un aimant. Il me fallait recourir à certains éléments de mon passé qui m’avaient échappé pour pouvoir continuer ma quête.

11:21 Écrit par Yvonne Kastou dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

26/09/2007

Il y a les mots

Il y a les mots que l’on ne dit pas
Parce qu’on les a tus trop longtemps
Parce qu’ils nous font trop peur
Parce qu’il est trop tôt
Parce que ce n’est pas le moment
Parce qu’on a appris à se taire
Parce qu’on ne sait comment les dire
Parce qu’on ne peut que les écrire
Parce qu’on ne sait pas s’ils sont permis
Parce qu’on n’ose pas aller vers l’autre
Parce qu’il est dangereux d’aimer
Parce qu’on n’arrive plus à ôter son masque
Parce qu’on se sait tellement fragile
Et qu’on préfère se protéger
Parce qu’on n’ose pas demander
Tous ces mots que l’on ne dit pas
Alors qu’ils déplaceraient les montagnes
Alors qu’ils ouvriraient portes et fenêtres
Alors qu’ils bâtiraient des ponts, des routes
Alors qu’ils feraient chanter la lumière
Et revenir la vie

18:21 Écrit par Yvonne Kastou dans Amour et Sentiments | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

20/09/2007

Chapeau

Il fut un temps où ma profession consistait à la gestion d’un musée et d’y organiser des activités culturelles diverses. Très beau métier que j’avais là quand je repense à toutes les diversités qui se présentaient à moi, que ce soit par la connaissance ou la rencontre de personnages férus et passionnés dans des domaines bien spécifiques et qui se délectaient d’avoir devant eux, une auditrice aussi intéressée et curieuse que j’étais.

Lors d’un projet sur les métiers oubliés, j’étais à la recherche de matériel de chapellerie. De bouche à oreilles, de coups de fil en coups de fil, je suis entrée en contact avec une dame dépassant de loin l’octogénaire dont le métier était bien celui-là. Sans questionnement, elle se proposa aussitôt de m’aider. C’est là qu’une belle histoire commença entre elle et moi. Une histoire formidable emplie de générosité et d’émotions que je vais vous conter là, en quelques mots.

Il me fallait donc me procurer une colle spéciale utilisée dans la confection de chapeaux à l’ancienne pour une personne qui s’était proposée de faire une démonstration. Cette colle n’étant pas matière courante vu la presque disparition du métier, mes recherches n’étaient pas commodes. C’est là que d’appels en appels téléphoniques, je suis tombée sur Madame Danneau. Elle m’invita chez elle afin de m’offrir un peu de cette colle rare. Et, quel enchantement, quelle merveille que cet antre où je mis les pieds.

Richesse à profusion, objets précieux, rares, objets curieux, étonnants. Déjà toute une gamme de chapeaux de toutes époques, des anciens, des plus récents, des loufoques, des parures, en dentelle, en soie, à plumes, en papier, des boutons, des pinces, des fleurs, du coton, du feutre, de la fourrure, … Certains chapeaux étaient accompagnés de leur costume, des costumes, pour la plupart, de carnaval. Il y avait aussi toute une série de boîtes à chapeau et de moules à former,… Dans le coin de la pièce, une verrière emplie de poupées. Au coin de la cheminée, le thème du repassage dont un ancien poêle professionnel arrondi garni de suspensions tout autour pour tenir les fers. Dans un autre endroit de la pièce, des meubles aux multiples tiroirs minuscules. Chaque tiroir contenait des merceries, des boutons, des plumes d’oiseaux divers, des plus colorées aux plus sombres, certaines teintées, des rubans de tailles et d’épaisseurs multiples, des pinces à cheveux, des tissus, …et enfin, une bibliothèque consacrée essentiellement au métier et à la mode. Enfin, une collection inestimable, une caverne d’Ali Baba, un musée à part entière, un monde enchanté.
Son monde. Un monde où elle a baigné très jeune.

Elle me raconta alors son histoire, ses mots sentaient le pain chaud, la tarte et la galette façon grand-mère. Un temps révolu mais certes précieux. Une époque rude mais ô combien chaleureuse. A n’y rien comprendre, c’est un métier qu’elle réfutait à ses débuts, pourtant devenu passionnel aujourd’hui. Dans la course de ses mots, j’ai vite compris que je n’avais pas affaire à n’importe qui, petite de taille mais grande d’esprit, elle portait une renommée qui n’était pas des moindres. Reine du folklore de sa ville, elle était l’auteur des plus prestigieux costumes de la cité. Et quel folklore puisqu’il s’agit du fameux Carnaval de Binche. Une réputation sans faille et un des rôles les plus importants de l’événement sans qui la beauté et la magnificence des cortèges ne brilleraient point.

Des mois, des heures, des minutes et des nuits consacrées à la confection pour terminer à temps. Autour d’elle un chœur d’apprenties répondant à ses exigences et sa dureté au labeur. Endurance et fermeté dans l’aiguille d’un maître à penser, à créer et à innover et derrière, un cœur tendre empli de compassion et d’altruisme, une bonté à pourfendre.

En coulisse, son compagnon le plus fidèle, Charles, sans qui elle n’atteindrait pas le parfait de son art par ses mains de bricoleur, un ancien cheminot convertit en menuisier par amour pour la passion de son acolyte.

J’étais sous le charme, je restais en pamoison devant tant d’ardeur et de richesses, tant d’amour après toutes ces années. Sans doute que mon affection ne lui échappa pas, la raison pour laquelle elle me confia son dernier rêve, un vœu qu’elle souhaiterait voir réalisé avant son départ. Déjà pas mal d’années qu’elle oeuvrait pour que se construise un musée de ses collections, un musée consacré au chapeau, au métier de modiste aux côtés du musée du Carnaval. Un seul but, pérenniser son acquis.

Après maintes et maintes demandes auprès des élus qui lui avaient fait de nombreuses promesses qui n’aboutirent à rien, c’est le cœur et l’esprit en guerre qui furent conquis, se sentant dupée, leurrée. Combien de promesses lui avaient été faites sans jamais rien voir arriver. La dernière fois, elle y a cru lorsqu’ils sont venus chercher une collection mais les boîtes n’ont jamais été ouvertes et sont restées entreposées dans un coin. Elle récupéra donc tous ses biens, le cœur lourd à l’idée de se mettre devant l’évidence. L’idée que toutes ses collections soient dispersées çà et là après sa mort l’effrayait.

Lorsque je suis partie, j’avais le sentiment que son rêve m’appartenait aussi, je le vivais avec elle et l’envie de voir dans ses yeux le coin qui brille s’illuminer encore plus me travaillait l’esprit. Là était mon rôle, un travail que je devais accomplir. Je vous épargnerai le chapitre des démarches administratives qu’il incombe de faire, toujours est-il que j’ai tenté tout ce qui était en mon pouvoir pour combler les desiderata de cette grande dame. Son rêve était mien et je voulais le voir se réaliser, tel était mon combat.

Evidemment sans argent, point de projet, je n’ai donc pu faire naître son rêve comme je l’escomptais mais j’ai pu créer au sein du musée pour lequel je travaillais, une salle qui lui était entièrement consacrée. Modeste réalisation, certes, vu l’espace restreint mais dans l’espoir que son message serait entendu et que surgirait quelques mécènes.
Je puis vous assurer qu’un tel événement a fait surgir la jalousie et que les arguments ont défilé prétextant quelques raisons de ces promesses non tenues.
Je ne sais ce qu’il en est aujourd’hui mais je pense que la bouée jetée a pu atteindre plus d’un.
Lors de l’inauguration, j’ai voulu lui faire honneur de manière originale en lui offrant le poème qui suit. Pour cacher ses émotions et en guise de remerciement, elle me rétorqua dans la dureté du ton une patoisante De djeu ! t’as bé appris t’leçon ! Une manière bien à elle.
Voilà, je me devais de vous conter cette belle aventure avant de plaquer la poésie qui en est née.

Couvre-chef, gibus ou tricorne
Chapeau rond, capeline ou stentson
Coco Chanel, Courrèges ou Cardin
Schiaparelli, Poiret ou Lanvin

Dame de campagne ou Dame chic
Haut de forme pour un bel homme
Parisien ou exotique
De tous les temps, même pour l’automne

Panama, turban ou canotier
Ruban, raphia ou taupé
Chapeau de paille ou chapeau mou
Importe la taille, ils sont bijoux

Turban de sultan ou bien Borsalino
Avec une voilette ou encore à la garçonne
Petite sandrinette ou petite bicorne
De plumes d’oiseaux, un rien fait la déco

A ses côtés, son chevalier servant
Sur son destrier de rail ou en apertintail
Par tous les temps, il est présent
Charmantes sont ses trouvailles

Tout se transforme, rien n’est perdu,
Tête d’oiseau ou truc en plumes
Feuille de Liège ou feuille d’alu
Aucune tête n’est plus à nu

Pour protéger ou embellir,
Il est un signe de gradé
Symbole de rire ou d’autorité,
Ces œuvres sont une fierté

Parure d’or ou parure d’argent
Voici les œuvres d’un grand talent
Ils sont nombreux et sont variés
Merci à vous de nous faire rêver

Voyage dans le temps
Ou par les continents
Des années folles aux pharaons
Indonésien ou bien breton
Tels sont les chapeaux
De Madame Danneau

Yasmine

18:29 Écrit par Yvonne Kastou dans Souvenirs | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

15/09/2007

Fille de la terre

De toute ma vie, je n’ai jamais pu adhérer à un clan, quel qu’il soit, je ne prône aucune idéologie ou croyance et j’avoue n’avoir jamais rien compris aux guerres passées et présentes. J’exècre les généralités que ce soit dans la religion, le sexe et la nationalité. Sans doute que mes origines nombreuses y sont pour quelque chose.

De père tunisien et musulman, originaire de Djerba et de mère belge et chrétienne, elle-même fille d’un espagnol et d’une mère française (Normandie) d’origine anglaise, mes provenances sont multiples et ne s’arrêtent pas à ceux-là. Voici donc, ce qui m’a inspiré :

 

Je suis fille des Numides et compagne des Massyles,

Epouse des Berbères, Cousine des Masaesyles,

Esclaves des Hilaliens,

Nièce des francs et des Carolingiens,

Enfantée par les Celtes et les Gaulois,

Des Tartessiens et des Carthaginois,

 Femme des Ligures et des Ibères,

Sœur des Vikings aux mains de fer,

Petite fille des Phéniciens et des Normands,

Frangine des Maures tout autant.

 

De l’île des Lotophages à la Syrie,

En passant par Carthage, Rome et Normandie,

De Germanie à la Bretagne,

Par l’Afrique jusqu’aux côtes orientales,

Mon sang dérive de ses milles fontaines,

Je suis Juive, musulmane autant que chrétienne,

Protestante, bouddhiste et laïque,

En moi, nombreux sont les groupes ethniques.

 

Du levant comme du coucher,

Je viens de nulle part et de tous côtés,

Goutte d’eau et grain de sable,

De toutes les tribus, clans et peuplades,

Métisse culturelle et génétique,

Aucune origine spécifique,

Alors importe les nations et les nationalités,

Les diasporas et les minorités,

Votre sang coule dans mes veines,

Et le vôtre est dans mes gênes.

 

Et vous osez encore me parler de frontière,

De religion, de couleur et de guerre,

Vous osez encore différencier vos cousins, vos frères,

Vous et moi ne sommes que des enfants passagers sur terre.

08:54 Écrit par Yvonne Kastou dans Messages universels | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

11/09/2007

Armées Du Monde

22:59 Écrit par Yvonne Kastou dans Messages universels | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Darfour - Soudan

22:54 Écrit par Yvonne Kastou dans Messages universels | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

L'arbre de la vie

22:50 Écrit par Yvonne Kastou dans Messages universels | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

SOS Racisme - Probleme De Couleur ?

22:30 Écrit par Yvonne Kastou dans Messages universels | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/09/2007

Les Sens

La vie a le goût des sens 
Souffle des mots d'espoir
Souffle des mots d'amour
Souffle des mots de toi
Pour honorer les mémoires
Pour que l'air soit moins lourd
Pour que l'air soit moins froid
Offre tes belles lumières
Aux errants des ruelles sans réverbères

Dans les profondeurs intimes de lettres
Par la main le songe à l’estompe affiné
Sous les maux oscillent les origines de l’être
Les lettres matérialisent les frontières
Entre rêve et réalité, des ponts de verre
 
Que tout retentisse en toi
Que tout se réveille en toi
que tout se ranime en toi
Remets-toi en chemin
Rythme le temps de ton souffle de vie

L’espoir entrouvre des portes que rien n'empêche de pousser
Alors naîtra la source où je boirai dans tes yeux lumineux
Nous goûterons alors du vent et des parfums d'éternité
Allons, prends ton envol, vole et viens  

20:35 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

05/09/2007

Le retour du moineau

Au cœur du nid des oiseaux de métal,
Dans l’attente de l’un d’entre eux qui tarde à se poser,
L’impatience de quelques-uns devant le tableau digitale,
D’autres plongés dans la lecture. 

Lieu où règne insouciance, tristesse, peur et doutes des hommes, 

Larmes de joie, d’émotions, de tristesse,

Précipitations, va-et-vient, bousculades,

Agitations, impatiences et froideurs,

Emporté par le mouvement du voyage des hommes.

 Lieu entièrement dominé par la main humaine,
Aucun arbre, aucun brin d’herbe,
Absence de ciel bleu, de nuages et de soleil,
Béton à perte de vue où la nature semble inexistante. 
Aucun végétal, aucune verdure, aucune fleur,
Seules traces issues des mains de l’homme, 
Assise sur un rebord de trottoir à flâner dans mes rêves,
Il s’est présenté devant moi,
Quelques sautillements pour se rapprocher,
On aurait dit qu’il voulait m’apprivoiser. 
Par quel chemin est-il arrivé à moi,
Par quel miracle est-il l’unique représentant de la nature,
Lui près de moi et le temps s’est arrêté,
Le temps d’un biscuit partagé. 
Est-ce toi, petit moineau, qui m’avait célébré autrefois,
Est-ce ton frère à qui tu as conté notre histoire,
Ou, es-tu porteur de message,
Ou mieux encore mon ange gardien.

M’apportes-tu le feu sacré

 

Merci pour ce moment petit moineau,

Merci pour cet instant si beau,

J’espère à bientôt.

 

21:05 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

12/08/2007

Strip-tease

Faire onduler mes battements de cœur,
Sensualiser mes regrets,
Caresser mes complexes,
Laisser tomber mes pourquoi,
Dégrafer un à un les boutons de la honte,
Laisser entrevoir les faiblesses,
Faire tournoyer mes paradoxes,
Lancer mes envies,
Débrancher les prises de tête,
Déchirer le voile de mes illusions,
Ouvrir la fenêtre sur mes secrets les plus sacrés,
Couper les sonneries intempestives de mes connections égocentriques, Quitter le tumulte de mes sempiternelles futilités,
Mettre la pédale douce à mes fringales,
Traverser le chaos de mes peurs,
Dévoiler souverainement mes priorités,
Percevoir ma sensibilité accrue,
Offrir chaleur, feu et passion,
Et enfin, jouir de voluptueuses perceptions extrasensorielles,
Et me délecter de l’Essentiel avec discernement.
  

12:45 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

11/08/2007

Jouis-Sens

Je musarde au hasard,
Sans craindre de m’égarer.
Un voyage étrange et crédule,
Un égarement malicieux et enchanté,
Une randonnée pensive ou frivole.

Je laisse mes pas courtiser à leurs grés,
Une forêt, un ruisseau, un arbre.
J’écoute, je flaire, j’accueille et m’abandonne,
Je respire le frémissement,
Et entre délicatement dans l’authenticité de l’esprit.

Dans une extrême lenteur,
Je puise dans mes ressources l’expression profonde de mon lien au Soi.
Je goûte au parfum,
Émanations de ce voyage vers les chroniques de l’âme.

Sur l’arc-en-ciel de l’extase,
Je vibre à l’unisson,
Je suis une et multiple,
J’ai le cœur qui oscille, palpite, et vibre.

Le sang qui brûle,
Et des rêves plein la tête,
A l’intérieur de moi fusionnent énergie et fragilité,
Et j’hume l’air du temps.

Une totale disponibilité de mes sens,
Corps, cœur et esprit,
Je me laisse traverser, envahir pas les émotions.
Je pleure, je danse et je ris.

Le flux et le reflux de mon énergie.
L’échange entre le dedans et le dehors.
Mon biorythme est capricieux
Et m’invite à l’égarement.

Je m’autorise quelques extravagances.
Je suis qui je suis dans mon originale diversité.
Incubation, accroissement et force,
Dissolution, mort et renaissance d’un cycle.

17:45 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

04/08/2007

Telle que vous êtes

Telle que vous êtes,

Quatre mots d’une valeur intense,

Quatre mots magiques,

Peut être bien plus puissants qu’un Je vous aime.

 

Telle que vous êtes,

Quatre mots dépassant les frontières,

Une force intérieure au-delà de toute raison,

Une musique entre toutes qui fait danser la vie,

Car qui pourrait rejeter une telle magnificence.

 

Telle que vous êtes,

Un jour d’éternité dans l’éblouissement de l’instant présent,

Une Force,

Une Plénitude,

Emplie de grâce et de douceur.

 

Telle que vous êtes,

Ces mots qui vont si bien ensemble,

Ces mots qui naissent sur les lèvres,

Mais ne s’évanouissent pas dans les airs,

Ces mots abondance et joie.

 

Telle que vous êtes,

Une potion magique avec tes croyances,

Avec tes doutes,

Avec tes différences,

Avec tes erreurs passées et à venir.

 

Telle que vous êtes,

Une flamme incandescente,

Des mots d’amour,

Une phrase déclaration,

L’éternité hors saison.

 

12:57 Écrit par Yvonne Kastou dans Amour et Sentiments | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

29/07/2007

Avec Toi

Avec toi,

La vie chante comme une musique,

La mélodie est suave,

La vie est une caresse,

Les fruits sont nectars,

Les larmes sont chaleurs,

La nature est majestueuse,

Les couleurs s’intensifient,

Les arbres se gonflent,

Les rues se dé-sombrent,

Les nomades s’arrêtent.

 

Avec toi,

Humilité, gratitude, jubilation,

Don magnifique,

Rien ne se sépare de rien,

Tout est relié,

Conscient et heureux d’être,

En-rythmé avec l’univers,

Macrocosme et microcosme régissent à plein pouvoir,

La raison d’être devient enchantement.

 

Avec toi,

Pleine satisfaction d’exister devient bien suprême,

Contre quoi bien matériel est dérisoire,

Symphonie et vibration générale,

Unité suprême quelque soit les croyances,

Tous sont accord, croyants ou non,

Bouddhistes, Chrétiens, Musulmans, Juifs et Autres.

 

Avec toi,

Passer à travers les apparences,

Pour vivre en vérité,

En harmonie avec soi,

Et ensuite avec les autres,

Aller au-delà de l'espoir, du désespoir, du rêve,....

Jusqu’au savoir,

Jusqu’à à la conscience,

Jusqu’à la réalité,

Jusqu’à la vérité.

 

Avec toi,

Tenir, avancer vaillamment,

Avec sur les lèvres... un sourire,

Confiance et amour s’offrent gratuitement et complètement,

Vibrer d’éternel et de transitoire,

Beauté particulière, inhérente à des passions nouvelles.

 

Avec toi,

La vie est une Ligne, cette courbe là…

Un Son, cet accord là...

Un Toucher, cette caresse là...

Une Saveur, ce goût là...

Une Odeur, ce parfum là...

 

Avec toi,

Quelque chose d’absolu et de particulier,

Une beauté absolue et éternelle,

Amant de la beauté spirituelle,

Un oasis jamais épuisé,

Etoile polaire à la beauté éclatante,

Disciple de Senèque,

Relais à l’univers

 

Avec toi

Oh oui, avec toi.

 

 

10:25 Écrit par Yvonne Kastou dans Amour et Sentiments | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

28/07/2007

Le Spéléologue IV

Si vous n'avez pas lu :

Chapitre I
Chapitre II
Chapitre III

 

IV

Sorti de mon rêve éveillé, je me suis avancé dans l’entrée de la cavité, le décor était magistral, le lichen rose tapissant la voûte dégageait une luminosité irréelle et me conviait à aller plus loin.  Soudain, une voix....J’entendais une voix ! J’essayais de la trouver. J'écoutais. Des voix se perdaient dans les galeries. J’étais dans les entrailles de la terre qui se jouait de mes oreilles et m’égarait dans les méandres de ses boyaux. Là où je ne voyais que des impasses, il y avait en réalité de nombreux passages et l'exploration des lieux m'apparaissait complexe. Pourquoi prendre telle direction, telle galerie plutôt qu'une autre ? Serge m’avait raconté à mes débuts que le spéléologue se laisse guider par les courants d'air. Ainsi le moindre souffle était un fil conducteur…

Je me suis alors glissé dans une galerie étroite en rampant, au fur et à mesure de mon avancée, le passage se resserrait autour de moi. J’étais coincé tout contre les parois, j’ai rampé centimètre par centimètre. J’étais cerné là, au cœur de la roche, dans cette intimité avec la pierre, je ne pouvais pas m’empêcher de penser aux quantités de masses de montagne au-dessus de ma tête et ça m’effrayait. Une grotte n’est-elle pas le lieu de passage entre deux mondes, que me réservait l'au-delà ?

La roche était puissante, majestueuse et d’une beauté sans pareil. Je me suis arrêté un moment pour admirer les parois. L'eau l’avait lavé, mettant à nu sa blancheur originelle, polie comme l'ivoire. Par endroits, il prend des teintes d'ocre, de rouille ou de terre brûlée. La contemplation de ce paysage sculpté par les eaux est la contemplation de l'œuvre du temps, des mouvements répétitifs des courants, des frottements de la pierre, de la patiente érosion du minéral. On est là, dans la conscience du processus d'érosion et de la beauté qu'il fait naître.

 

Alors, j’ai regardé quelques coins particuliers et comme il m’arrivait souvent de le faire avec les nuages, je me pris à jouer pour découvrir les formes et les images. Et la roche me parlait.

J’éprouvais une sensation de vouloir rejoindre des mondes inexplorés, de vaciller dans un lieu cosmique où s’effondrent les enceintes de l’individualité, où les destinées se rejoignent dans leur arôme. Cette contrée du divin où s’installent des flux contraires dont les bouleversements conduisent les destinées, de la même façon que naissent les phénomènes météorologiques, les cumulus, les vents, les mouvements de la mer et tout ce qui naît de la nature. 

Je voyais des nuages, des oiseux, des arbres, des fleurs, des tigres, des ours, des objets de toute nature. Je voyais des êtres fantastiques aux visages déformés, aux corps finissant en fumée, des sourires, des douleurs, des rages, des grognements. Tout ce qu’un être humain peut voir dans la réalité et dans son imagination extravagante, des beautés naturelles et des mondes fantasmagoriques. J’avais la nette impression d’entendre les sons qui vont de pairs, le bruit des feuilles se frottant l’une contre l’autre dans les arbres que le vent faisait valser, le chant des oiseaux au petit matin, le rugissement lointain d’un félin, le tic tac mécanique d’une horloge, des éclats de rire, des sons jamais entendus venant des mystères de la terre. L’écho de la caverne mélangeait tout ces sons, les faisaient ricocher contre les cloisons, valser dans les airs comme une invitation à la danse. S’ajouter à cet assortiment, des bruits de percussions à un rythme enjoué.

Je valsais avec le temps et m’extasiais de cette union.

Mon attention s’arrêta net devant une forme familière. Un froid glacial parcourait mon épine dorsale à m’en faire mal. L’image qui se trouvait alors devant mes yeux me donna un tel choc que mes bras et mes jambes devenaient paralysés. Mon sang brûlait dans mes membres à me faire mal. Ça en était à la limite de l’insupportable.

 

Suite 

 

12:26 Écrit par Yvonne Kastou dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/07/2007

Esperanza

Esperanza,
D’un bien-être en nos cœurs,
Esperanza,
Et l'espoir est en nous.

L'amour est né de tous petits riens,
De mots anodins,
Prenant forment malgré nous.

Et dans nos cœurs il a fait son nid,
S'est épanoui dans nos rêves un peu fous.
Et pourtant au lieu de louer la providence,
Et cette chance bien à l'avance,
J’ai voulu savoir si plus tard …

Mais puisque je t'aime,
J’ai envie qu’on oublie tout,

Gommer et recommencer.

Qu’on vive le moment qui vient,
Sans avoir peur des lendemains.
Qu'adviendra-t-il ?
Qu'importe, c'est la vie.
Je ne connais en tout que ce cri :

Esperanza
Cesser de se tourmenter,
De se torturer,

De s'inquiéter,

À quoi bon.
Car ces pensées qui font du mal,
Me semblent anormales,
Se ronger sans raisons,
Crois-moi, il faut oublier pour toujours ce qui tracasse,
Et les angoisses car le temps passe,
Et ce qui est perdu jamais ne revient rire,
Mais sans rien dire il se retire.

Tu vois, moi, je prends jour aux lueurs de ton cœur,
Pour te donner de l’amour, le meilleur.
Ne sachant si demain peut donner du nouveau,
J'ai confié mon destin à ces mots

Et ces mots se résument en un…

Esperanza

19:45 Écrit par Yvonne Kastou dans Amour et Sentiments | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

20/07/2007

J' m'en fous

J' m'en fous complètement,

Il pourrait m'arriver n'importe quoi,

Je pourrais être n’importe où,

J' m'en fous.

 

J'ai mon amour qui est en moi,
J'ai mes croyances qui font que je crois,

Mon univers avec ses lois,

Le reste, j’ m’en fous.



Tant que ses bras m'enlacent,
Tant que sa bouche m'embrasse,

Tant que ses yeux me caressent,
J’ m’en fous.

 

Passer des heures avec lui,

Aller n'importe où,

Même sans le sou,

J’ m’en fous.

 

Tant qu’il est ce qu’il est,

Et ce qu’il n’est pas,

Danser, fermer les yeux,

Le reste, j’ m’en fous.

 

Oublier le temps,

Laisser couler les heures,

Tant que mon âme est avec lui,

J’ m’en fous.

 

Et ce que les gens pensent de moi,

A aimer d’un amour comme ça,

Tant qu’il aime être dans mes bras,
Tout le reste, j’ m’en fous.

21:02 Écrit par Yvonne Kastou dans Amour et Sentiments | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

19/07/2007

L'orage

Elle aimait l’orage.

Elle aimait lorsqu’il retentissait de toute sa puissance,

Comme si le ciel se déchirait.

Elle aimait ce son grave,

Comme si toutes les colères humaines s’étaient rassemblées en un seul cri.

Une plainte venue de l’au-delà avec toutes les forces du monde réunies.

 

Pendant les orages,

Elle prenait un plaisir à ouvrir la fenêtre,

S’asseoir au rebord et observer les éclairs.

En comptant jusqu’au grondement.

Elle se délectait en regardant tomber les pluies torrentielles.

 

Elle aimait à penser que la nature entière se mettait en révolte

Contre lequel l’humain ne peut rien.

Adad revenu à Babylone en compagnie d’Indra

Arinna chevauchant les nuages sur son char en compagnie de Thor.

 

Cette fois, elle était seule.

Elle attendait dans la voiture à admirer cette émeute naturelle.

Elle regardait les gens courir pour trouver un refuge.

Elle restait là.

À l’opposé de certains, l’orage la calmait, la rassurait.

Et ce petit pincement de peur la mettait plus en vie encore.

Elle rêvait même parfois qu’un éclair l’emporte.

 

Et la radio chantait,

Elle aimait aussi écouter la musique en voiture.

Enfermée dans ses quatre murs de métal,

Elle pouvait mieux percevoir les mots et les notes.

 

Et puis,

Cette chanson,

Chanson fantôme,

Surgie d’outre-tombe,

Cette chanson qu’elle n’écoutait plus,

Ces paroles qu’il lui avait fait trop de bien,

Pour ensuite lui faire trop de mal

 

L’orage était maintenant en elle.

Il poussait ses plaintes insupportables dans ses tripes.

Sa douleur indescriptible,

Sa puissance inégalée,

Sa force jamais pondérée.

Comme pour le ciel,

Ses viscères se déchiraient avec une puissance démesurée.

 

Un souvenir comme l’apparition d’un spectre.

Cet air, elle ne l’écoutait plus depuis un temps.

Ces mots l’affligeaient comme un couteau tourné dans une plaie.

Chanson déclaration,

Chanson aveu.

Elle l’avait écouté vingt à trente fois par jour.

Et l’entendre la ramenait à toutes ces questions laissées sans réponse.

Avait-elle pris trop comptant les moindres paroles ?

C’était à la fois bon et à la fois douloureux de l’entendre.

Bon parce qu’elle revivait ces moments intenses

Où elle aurait payé cher d’y revenir,

D’y re-goûter.

Et douloureux par l’actualité des choses.

Elle a passé son temps à attendre n’osant plus ou presque plus rien dire.

 

Avec le temps va tout s'en va

Monsieur Ferré avait bien tord.

Elle avait mimé Monsieur Jonasz

En cherchant partout

À en boire toute l’eau des rivières pour voir le fond

Et pour soulever les pierres,

À couper les arbres des bois pour voir plus loin

 

Après l’orage, la pluie,

Après la pluie, le soleil.

Son orage interne en fit de même.

20:28 Écrit par Yvonne Kastou dans Amour et Sentiments | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

18/07/2007

Regard

Qu'est-ce qui n'est pas désespérant pour un regard lucide ?
Qu'est-ce qui n'est pas futile pour un regard désespéré ?
Un regard qui palpe et interroge,
Sonde et caresse,
Pénètre et étreint,
Cherchant à savoir.

Gravité du regard,
Regard doux et ardent,
Regard qui gêne,
Décourage,
Impressionne.
Regard qui creuse autour de soi la solitude,
Regard qui trahit,
Regard qui pense.
Mais au bout,
Regard transparent,
Regard vrai.

21:56 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

09/07/2007

Croire ou rêver

 On ne regagne jamais qui l’on a commencé à perdre,

Mais on peut rencontrer l’autre qui se cache derrière.

Elle l’avait rencontré à la croisée des chemins.

Elle avait consenti un bout de route,

Sans penser que cette dernière avait une fin.

Ils ont fait l’un et l’autre le tour du propriétaire,

Tout en préservant l’intimité de chacun.

De là où ils sont allés, ils ne sauraient tout à fait refluer.

Elle ne savait pas parler la langue de l’amour,

Mais elle voulait être un OUI ouvert,

Un OUI du fond de l’âme.

Combien se sont pendu au cou de leur partenaire

En exprimant la puissance de leur sentiment.

Et à peine déclaré qu’ils se sentent déjà moins aimant.

Elle, elle s’était pendue aussi à son cour,

Mais c’était pour tenir sa promesse mot pour mot.

Mot pour mot, elle avait exprimé ce qu’elle ressentait tout simplement.

Non, n’était pas folle, dévoreuse ou castratrice.

Simplement gauche des mots qui se prononcent.

Et lui, il dansait en virtuose

La valse du pas en avant, des deux pas en arrière.

Étrange sensation, elle avait l’impression de l’avoir connu en raccourcis

Au cours d’une seule soirée.

Toutes les formes de l’amour avaient défilé

Sans passer par la plus courante, la plus merveilleuse.

Elle avait pris le temps de le regarder,

D’aimer sa voix,

Ses yeux,

Ses lèvres,

Son cou,

Ses cheveux,

Ses mains,

Sa façon de jouer avec une mèche.

Mais le plus intense qu’elle avait éprouvé,

C’est lorsqu’il s’était confié,

Les yeux égarés,

Peinés,

Les sourcils froncés.

Pris totalement dans son histoire,

Il ne s’était rendu compte de rien.

Elle n’avait qu’une envie,

Le prendre dans ses bras.

Se peut-il que certains épisodes de notre vie

Que l’on croit bien réels

Soient aussi fantasmagoriques et symboliques que nos rêves ?

Avait-elle rêvé ?

S’était-elle inventé un scénario ?

 

 

19:20 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

27/06/2007

À chacun sa vision du monde parfait

J’ai vu récemment un film dont un passage m’a particulièrement attiré l’attention. Le héro, sachant qu’il allait mourir s’est enregistré en vidéo pour pouvoir dire à son fils, non encore né, certaines visions de la vie. J’aimerai les partager avec vous, vous invite à la réflexion et peut-être, pourquoi pas, en discuter ensemble. En voici un extrait :

 

« Il faut surtout savoir que le monde n’est pas parfait. La vie c’est plus dur qu’un casse-tête chinois mais même dans les pires moments, il faut garder la foi.

Établis une liste, la liste des choses qui te semblent les plus importantes. Les 10 choses les plus importantes pour toi. Écris-les sur un papier. Personne ne peut réaliser les 10. C’est impossible. Si tu en réalises 5 ou 6, c’est pratiquement gagné. Tu te seras rapproché au maximum de ta vision du monde parfait. La vie passe plus vite que les vacances d’été. Alors profites-en. Profites de la vie. Profites-en bien. »

11:27 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

25/06/2007

Supplice

Ceux qui pensent tout voir

Et tout savoir

Sont bien souvent obscurcis de tant d’essentiels.

À l opposé du mal, le bien est imperceptible.

 

Ces sentences ne sont pas ce que tu aurais dû relater,

Parce que cette existence n’est pas ce que tu aurais dû endurer.

Écrire pour ne rien attendre de personne,

Comme si tu désespérais de tous.

Certains mots ont un goût mortifère.

Des mots sans souvenirs,

Des mots perdus comme tu l’étais toi-même.

Le plus futile,

Le plus indispensable,

Le plus accessible,

Le plus direct

Reste dans ton stylo.

 

Rendue à ta barbacane séquestration,

Tu lances les termes à la tête du lecteur avec la sauvagerie du défi,

Mais ils n’y voient que l’art.

Peut-on transmettre ce qui n’est sans doute pas reconnu à soi-même ?

À quoi ça sert d’être bien en étant comme un autre ?

 

Quelquefois tu éprouves une sensation de vouloir regagner un univers inconnu,

Flottements célestes où se décomposent les grillages de l’être,

Où les étoiles se rattrapent dans leur moelle.

Ce pays de l’au-delà où se composent ces flux opposés

Dont les bouleversements régissent les histoires,

De la même façon que germent les manifestations météorologiques,

Les nuages,

Les vents,

Les mouvements de la mer.

 

Tu entrais en communion avec des espaces insoupçonnés

Où s’inscrivent toutes les empreintes de la douleur.

Pas seulement celle perceptibles des hommes,

Mais aussi les lamentations des arbres amputés,

Les maux des animaux torturés,

Les gémissements de la planète malmenée,

Ravagée,

Les humiliations faites à l’oxygène,

À la couche d’ozone.

 

Impossible et vain de faire comprendre cette inconditionnelle souffrance.

Et cette souffrance te fait vivre dans la honte,

Tu la dissimules,

Tu la camoufles.

Tu n’as jamais traité avec elle,

Mais elle tentait toujours de traiter avec toi.

Tu savais qu’elle t’empêchait de vivre,

Et tu t’es toujours employée à la combattre.

 

Ceux qui pensent tout voir

Et tout savoir

Sont bien souvent obscurcis de tant d’essentiels.

À l opposé du mal, le bien est imperceptible.

 

 

15:23 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

21/06/2007

Un été

Un été va commencer tel qu’on n’en verrait plus jamais de semblable.

Celui au cours duquel elle va coucher sur le papier l’expiration d’une âme dépouillée.

Les choses ont mauvais haleine.

Il s’est fait comme un nœud dans le fil de sa vie.

 

Ce matin, elle s’est levée les lèvres putréfiées,

Les mains épineuses

Et le regard moite.

 

Ce matin, elle a trouvé son compteur cassé.

À force de l’avoir souvent remis à zéro, il s’est brisé.

Comme quoi, rien n’est éternel.

 

Sentiment de malaise de n’être que rarement à l’unisson,

De se sentir coupé des autres,

De s’éprouver différentes,

D’où une mélancolie profonde.

 

Venue au monde par une nuit sans lune,

Au plus noir de la plus sombre des forêts,

Elle dût pousser à la dure très tôt,

Souvent seule et rarement libre.

Pénible condition mais son regard restait tendre.

 

Plus rien, désormais, ne sera comme avant,

Elle évoluera plus secrètement au cœur d’un monde plus terrible,

Elle vivra plus absurdement sous des cieux plus vides.

Quel tumulte,

Charivari de passions,

Orgie d’exaltation et de souffrance,

Gaspillage ardent …. Au final elle n’en peut plus.

 

Son opiniâtreté est imbécile et incontrôlable.

 

Sacré emploi du temps.

C’était épuisant.

Il n’y avait plus guère de place pour autre chose.

Le combat douteur, à l’incertaine issue.

Chagrin latent,

Rongeant comme un acide tous les liens noués avec le monde,

Avec l’avenir.

Comme une béatitude à l’envers.

 

On dit que le malheur purifie le sang.

Pourtant il l’a fait amère,

L’a rendue révoltée.

Ses aventures,

Ses liaisons,

Ses intrigues,

Ses combats,

Ses victoires,

Ses défaites.

 

Que dérive, sur la mer déchaînée, le frêle esquif à bord duquel elle se mutine et devient seule maîtresse.

Qu’on la laisse à son mépris de cette époque.

Elle est de ces temps anciens que rien ne peut actualiser.

 

Elle est exclusive.

Elle n’est pas civilisée.

La rumeur ne coure-t-elle pas qu’un épileptique guérit de son mal s’il boit le sang encore chaud d’un gladiateur à même sa blessure.

 

Un été va commencer,

Celui au cours duquel une âme va expirer.

14:02 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

13/06/2007

Tournent les saisons, passent les années.

Tournent les saisons, passent les années.

N’est-elle qu’une simple femme qu’on prend ? Qu’on laisse sans espoir d’avenir ? Un échange de peau ? De solitude ? D’énergie vitale qui n’engage rien d’essentiel ? Une simple affaire de corps ? N’est-elle qu’un acte banal ?

Au bout de toutes ces questions, une seule chose certaine, une seule réponse : Elle n’en peut plus. Même les mots ne suffisent plus.

Elle est comme un cancer irréversible. Cette espace qui la ronge, qui la tire dans toutes les marques de souffrance. Pas seulement celles visibles des hommes, mais aussi les plaintes des arbres mutilés, les douleurs des animaux torturés, les gémissements de la terre maltraitée, saccagée, les injures faites à l’air, à la fragile enveloppe protectrice de l’atmosphère.

 

Tournent les heures, passent les jours.

Quel leurre d’avoir imaginé un futur meilleur. Naître dans la boue c’est être voué à y rester. Bulle d’air et rien d’autre. Tout n’est qu’invention. Elle ne veut plus entendre de moralité, elle ne veut plus être rassurée. Elle est fatiguée et aimerait qu’on la laisse dormir ou plutôt que le sommeil vienne la chercher. Elle a bien tenté d’appuyer sur la pédale avec l’espoir de rencontrer un obstacle.

Son cœur est comme rempli de débris de verre qui au moindre battement déchirent l’intérieur.

Inexorable agonie, tumulte permanent. Effroi, révolte, accablement, tout est si compliqué, si étrange, si inextricable.

 

Tournent les minutes, passent les heures.

Un fouillis de questions la harcèle, elle s’interroge, elle scrute …Et soudain la foudroyante conscience qui lui dit qu’elle n’est rien, moins qu’un brin d’herbe.

Comment peut-elle continuer de vivre devant pareille révélation ?

Il y a celle qui vit des jours maudits, il y a celle qui souffre de solitude.

Qu’ont-elles de commun ? Toutes deux sont continuellement à la mort.

Elle voit le monde, pense le percevoir. Mais comme un mirage, il se dissout lorsqu’elle s’en approche, se défait, se dilue, perd la réalité qu’il semblait avoir l’instant où elle éprouvait le besoin d’y pénétrer.

Elle voudrait rencontrer en elle la terre ferme de quelque certitude mais n’y trouve que sables mouvants.

 

Tournent les secondes passent les minutes.

Atmosphère pesante, sensation d’être toujours décalée.

Personne n’ayant le courage de l’apprivoiser. Loch Ness.

Et cette blessure qui ne cesse de saigner, qui la souille, l’avilit, qui veut dépouiller sa dignité et finit par la persuader qu’elle n’est qu’une minable.

Éboulement à l’intérieur de l’être. Sentiment de malaise de n’être que rarement à l’unisson, de se sentir coupé des autres, de s’éprouver différente.

Fatiguée, elle est vraiment fatiguée. Plus l’envie de se battre, plus l’envie de tenter de comprendre. Elle se sent médiocre.

 

Si chacun a son ange, dites au sien de venir la chercher.

15:01 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

12/06/2007

Le point du non-retour

Pauvre naïve, les pieds dans la tombe, elle crève à l'intérieur à petit feu. Sur l'océan, elle s'est échouée.

On lui avait promis qu’elle toucherait les étoiles.

Elle y a tellement cru mais Vous !

Oui Vous !!!

Vous avez franchi les barrières du non retour.

Au nom de quoi ?

Au nom de qui ?

Alors, elle est là, et ça la mord, encore et encore…

Cet univers frivole où chacun tente par quelques entreprises de séduire.

Puis, après avoir joué de ses charmes, laisse l'héroïne tragique sombrer, mais . . .

Elle se sent poisson échoué qui expire.

Et quant elle observe la vie, elle voit rôder la mort…

La vie a tout fait pour la débaucher et seule la mort pourra la moraliser,

Seule la mort pour soulagement.

Elle a été trahie.

Quel exercice terrible de ne pas être comme le passé l’a moulu.

Ce moule, fabriqué avec les gens de passage,

Alchimie d’un bref instant qui fait de nous tout ou rien.

Seigneur de la débauche et des plaisirs turpides,

Tu veux posséder son âme.

Parfois elle se tait,

Parfois elle en parle,

Parfois elle rumine,

Parfois elle l’exprime…
Parfois elle l’écrit,

Parfois elle se cogne sur un mur,

Parfois elle rougit,

Parfois elle tourne au vert.
Ou elle l’avale, le crie, le pleure.
Parfois elle se venge, des fois  elle oublie, ou vit avec.
Des fois elle réfléchit, analyse, en tire des leçons.
Elle grille une cigarette, des cigarettes,

Parfois elle se gave, ou devient anorexique.
Elle écoute du blues, des fois du classique.
Elle regarde un film drôle, ou un film de Woody Allen.
Elle dort.

Quelle chimère est-ce donc que l’homme ? se demandait Pascal.  

Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige !

Juge de toutes choses, imbécile ver de terre ;

Dépositaire du vrai,

Bourbier d’incertitudes et d’erreurs ;

Gloire et rebut de l’univers.

 

Elle a cru en vos paroles,

En vos mots,

En vos regards,

En vos actes.

Maintenant elle ne croit plus en rien

Ni personne,

Ni femmes,

Ni hommes,

Ni parents,

Ni amis….

Elle ne croit plus qu’en la mort.

Celle qui la délivrera de votre présence.

Celle qui ôtera ce virus indescriptible et insupportable qu’elle porte en elle.

 

Elle attend la mort,

Elle a dépassé la limite du non retour,

Fini le courage,

Fini l’espoir,

Fini les croyances,

Juste la mort,

Non pas la mort humaine,

La mort d’un corps,

Mais la mort d’une âme.

Aujourd’hui elle enterre son âme et en fera le deuil comme il se doit.

Place à l’âme débauchée, puérile.

10:30 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

30/05/2007

mots défaits

Une femme est assise,

Puis couchée,

Puis de nouveau assise.

C’est moi.

 

Je ne saurais pas vous décrire ce que je ressens parce que je ne connais pas les mots pour qualifier ce qui me hante au point de me laisser croire que tout pourrait changer, mon monde, le vôtre, le leur.

Nous sommes tous grain de sable et le moindre grain a son importance, sa puissance, certes.

Ne pas donner de biens mais donner de soi-même.

 

Une femme est couchée,

Assise,

De nouveau couchée,

C’est moi.

 

Je me fous des combats que j’ai menés.

Je me moque de mes nuits noires et de mes dimanches.

Je ne renoncerai jamais à l’espoir.

Parfois mes pensées me donnent le vertige.

Personne ne pourra voler mes souvenirs.

 

Une femme est debout,

Puis assise,

Puis à nouveau debout.

C’est moi.

 

Mon cœur est un arbre lourd de fruits à cueillir et distribuer.

À quand le jour de ma récolte ?

Dans quel champs ai-je jeté la graine et en quelles saisons oubliées ?

Quand le gardien de la nuit viendra-t-il emplir ma lampe d’huile et l’allumera ?

Beaucoup de choses demeurent dans mon cœur inexprimés car moi-même ne peut révéler mon plus profond secret.

 

Une femme est assise,

Puis debout,

Puis à nouveau assise.

C’est moi.

 

Où est le plein midi de mon crépuscule ?

Je suis entre la naissance et la mort.

Retenir c’est périr et je me retiens.

La nuit ne s’achèvera donc jamais…

Avec pour seule, éternelle complice, une cigarette, toujours la même, dirait-on, toujours recommencée comme si on attendait d’elle une réponse qui ne viendrait pas.

 

Une femme marche,

Puis est assise,

Puis à nouveau marche.

C’est moi.

 

Moi qui aime la ponctualité, j’ai raté mon rendez-vous.

Non pas que j’étais en retard mais terriblement à l’avance.

Il faut dire aussi que je suis née en retard même si j’étais prématurée.

La misère morale qui m’accablait étant gosse, en butte à la brutalité, à l’injustice des adultes ou aux moqueries des garçons de mon âge.

Je demeurais les bras ballants sans voix.

Seuls les larmes et mes bulles de rêves.

 

Une femme est debout,

Puis accoudée,

Puis à nouveau debout.

C’est moi.

 

Aujourd’hui, je ne crois plus à la fertilisation par le désespoir, vieille baudruche judéo-chrétienne.

Force m’est de constater que toute peine me harasse, que l’affliction m’exténue, que le malheur m’abrutit, que la désolation me crétinise.

À quoi bon mêler toujours émotions et sentiments ?

Pourquoi ébaucher ce flirt des âmes toujours si parasité de restrictions mentales qu’il tourne immanquablement à la fraude ?

 

Une femme est assise,

Puis couchée,

Puis à nouveau assise.

C’est moi.

 

J’ai toujours eu des lâchetés inutiles et des courages catastrophiques.

Personne ne traduit-il donc jamais personne ?

Et si je le fais, serait-ce cette raison d’être éternellement rejetée.

De faire peur comme si j’étais voleuse d’âme ?

Castratrice de la pensée ?

J’ai trébuché dans le temps, aujourd’hui je dérape dans le sang.

En quête d’un absolu dérisoire, exigeant tout, c’est-à-dire pas grand chose.

Les jeux de mots sont défaits – des faits.

 

Une femme est assise,

Puis couchée,

Puis couchée à jamais.

C’est moi.

19:45 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

29/05/2007

Elocution

- Mimine, il est où le pont ?

- Le Pont ? Quel Pont ?

- Mais oui, le pont !

- Mais il n'y a pas de pont ici !

- Mais siiii !!!

- Tu es déjà venu ici ?

- Mais c'est toi qui ya dit qui yavait un pont !!!

- Moi ? J'ai jamais dit ça !

- Siiii, tu m'as dit qu'on allait voir des ponts et plein de canards.

- Han ! Tu veux dire des paons ?

- Ouiiii, il est où le pont Mimine ?

- Didi, on dit pas pont mais paon.

- Pont.

- Non Didi : paon.

- Beh vi, c'est ce que je dis : pont

- Non, c'est comme le bruit du revolver : pan, pan

- Pont

- Comme le lapin dans Bambi, didi : paon

- Mais vi hein : pont

- Ok, on va bientôt voir des ponts Didi.

- Mimine, arrête de dire des bêtises !

- Mais je ne dis pas de bêtises.

- Si, tu dis Pont... Allez hein.... y sont où les ponts Mimine ?