25/05/2006

Qui ?

Qui peut lire ce qui n’est pas écrit ?

Qui peut entendre ce qui ne s’entend pas ?

Qui peut comprendre ce qui n’est pas expliqué ?

Qui peut écouter ce qui n’est pas crié ?

Qui peut toucher ce qui n’est pas palpable ?

Qui peut prendre ce qui n’existe pas ?

Qui peut ouvrir ce qui n’est pas fermé ?

Qui peut trouver ce qui n’est pas perdu ?

Qui peut dire ce qui ne se dit pas ?

Qui peut voir ce qui est invisible ?

 

Mais … existes-tu ?

… pas grave, j’attendrai !

21:48 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

... Avec doutes : Dieu?

Écrit par : Marlène | 25/05/2006

attendons ensemble je vais attendre avec toi, en regardant le ciel ou la lune!!!!!

Écrit par : robert le berbère | 29/06/2006

Le paon, peut-être ? Ton âme est-elle prête à me suivre...


Dans un parc, un enfant et un Paon se sont approchés de moi. Le parc, celui de Mariemont où, allongé sur un gazon tendre, admiratif et attentif au paon qui s’apprêtait à quitter la branche d’un immense sapin, j’attendais l’envolée. A plusieurs reprises, celui-ci avait lancé son appel : « Léon, Léon », me dévoilant ainsi son perchoir. L’air était chaud, les Magnolias Grandiflora épanouissaient leurs fleurs délicates au cœur des mains chaleureuses d’un soleil d’été. Avant que d’atteindre le pré vert face à la serre dont certaines vitres renvoyaient, ici et là, une étoile de lumière, différents sentiers jalonnés de plantes exotiques s’étaient déroulés sous mes pas, chacun offrant généreusement son atmosphère particulière. Ici, ensoleillée et fleurie sous un ciel bleu clair. Ici, agrémentée de l’Araucarias du Chili, du Pommier de l’Amour, de l’Epicéa du Colorado… Ici, ombragée et plus fraîche sous de hautes frondaisons où la main rencontre l’écorce spongieuse des séquoias. Ici, animée d’un couple se tenant par la taille, lui guidant une poussette, elle désignant un banc de bois, tous deux partageant le bonheur d’être parents. Ici, quelques vieux qui ont décidé de laisser la vieillesse à d’autres. Ici, une femme seule se dirigeant vers le jardin des roses, me souriant au passage… Prévert lorsqu’il écrit : « Mangez sur l’herbe, dépêchez-vous, un jour ou l’autre l’herbe mangera sur vous », était-il sur un pré vert comme celui-ci ? Ce jeu de mots avait traversé ma pensée dès que j’eus posé pieds sur ledit pré. L’envolée était proche…
Le paon se jeta dans les airs pour, en quelques coups d’ailes, atterrir non loin d’un groupe d’enfants jouant au ballon. Remarquable oiseau pour tout quiconque ayant assisté au déploiement de son éventail de plumes aux multiples yeux. Lorsqu’il se pavane, c’est tout un charme mythique de l’Asie qu’il manifeste. D’ailleurs, n’était-il pas souvent représenté en roue solaire où chaque regard gravé sur ses plumes semble contempler l’émerveillé, la tête ornée d’une aigrette des plus singulières couronnant une noble reconnaissance en guise d’un épanouissement manifesté ? Sans trop y réfléchir, l’association paon - Bouddha (situé de l’autre côté du parc) me paraissait évidente. Un lien avec le dieu Pan avait probablement traversé en un éclair mon esprit... Quelle Déesse avait coloré de soie son chatoyant plumage, vins-je à penser quand un espiègle bambin de douze ans s’est approché de moi. « C’est un frisbee, n’est-ce pas ? ». L’intensité de son regard était celui que provoque souvent une friandise ; celui de l’enfance devant un bonbon, celui de l’adolescence devant la dernière mode … Je répondis par l’affirmative. « Je peux l’essayer ? ». Je lui tendis le frisbee et l’encourageai : « crois-tu pouvoir atteindre le pied de cet arbre, là-bas ? ». Il estima la distance et, déjà, l’engin planait en direction de la cible, poursuivit du frisbeeman qui, dans sa course, sans y prêter l’attention, croisa le majestueux ailé. Ce dernier, d’une fière allure se dirigeait vers un arbre dont les branches paraissent sortir du sol, à une vingtaine de pas d’où j’allongeais l’observation. « J’y étais presque mais il a dévié vers la gauche ! ». Le môme était déjà à mes côtés. « Vous avez vu le paon ? La première fois que je suis venu ici, je me suis demandé pourquoi ma mère criait si fort après mon père ; il s’appelle Léon. En fait c’était lui » m’expliqua t-il en désignant l’oiseau traînant avec grâce ses longues plumes. Cette plaisanterie me fit éclater de rire ; ce qui renforça l’engouement du petit bonhomme. L’amitié lançait ses ponts...
Pendant que nous échangions quelques idées sur la dextérité du lancé de frisbee, l’oiseau se rapprochait de nous jusqu’à se tenir à un pas du môme. « Salut Pavo Cristatus ! » lança-t-il à l’animal qui le fixait, à présent, cou tendu. « On se retrouve toujours ici, puis, je l’accompagne jusque cet arbre aux grosses branches et on discute un peu. Je vous ai déjà vu avec lui, même qu’une fois il s’est posé sur l’épaule de votre fille ! ». Le môme déversait ses épisodes à l’allure des rapides ; une déferlante succession de petites cascades, rebondissant comme l’eau des rivières sur la moindre pierre. « Un prodigieux oiseau effectivement ». Je remarquais que le paon n’avait pas bougé de position, comme s’il attendait une initiative du môme. J’hasardai : « Quels sujets abordez-vous ensemble ? ». Après un temps de réflexion des plus courts, le regard étincelant, il délivra son secret : « La dernière fois, je lui demandais ce qui nous séparait des étoiles ». Voilà qui était des plus intéressants… « Et qu’avançait ton ami ? ». « Quelque chose comme : qu’est-ce qui nous y relie… ». De plus en plus intéressant, je ne pouvais que l’inviter à poursuivre : « C’est bien ce qui est merveilleux avec la nature de ce parc, je te l’accorde : le végétal et l’animal nous invitent aux raccourcis les plus simples ! As-tu trouvé la solution de ton énigme ? ». Le môme observa le paon et répondit : « En partie, c’est pour cette raison qu’il m’attend ; on doit encore en parler ». Outre cette répartie inattendue, le tableau à lui seul était déjà extraordinaire. Le calme posé de l’oiseau et la vivacité du môme font que j’avançai, en vue d’une réponse plus explicite : « une question de regard peut-être ? ». Le visage du gosse s’illumina et la réplique tomba : « Tout juste, ce sont les yeux de ses plumes qui m’ont expliqué cela ! ». « Tu veux dire que par ton observation et l’attitude de ton ami, tu es arrivé à déduire que ce qui nous sépare ou nous relie aux étoiles est une question de regard ? ». « C’est çà. Maintenant il reste à aller plus loin ! ». « Et bien, avec un prof hors du commun au cœur du livre de cette nature et, voyant l’insistance avec laquelle il t’invite, tu devrais l’accompagner sans attendre et poursuivre l’aventure de cette merveilleuse compréhension ». Et, sans attendre, il engagea le pas « Oui, allons-y Pavo ! » et se tournant vers moi : « A tantôt pour un frisbee ».
Allongé et appuyé sur l’avant bras, je regardais le môme et le paon s’en aller auprès du grand arbre. Voilà bien un spectacle qui donnait à l’enseignement des perspectives des plus originales.
Il serait très certainement des plus profitables, autant pour l’étudiant que l’enseignant, de sortir des murs coutumiers afin de pénétrer la poésie de la vie. (En écrivant ces lignes, je pense à mon ami Phil et ses essais bousculant remparts tracés depuis des lustres et trajectoires figées de l’enseignement. Me revient aussi l’enseignant du film « Song for a raggy boy ») Combien de pages contenait donc le livre de la nature ? Assurément, répondrait le poète, autant que les étoiles et plus encore : une infinité qui se déploie sans cesse ; bien évidemment !
Je m’allongeai sur le dos, mains derrières la tête et laissai vagabonder les images que le môme et le paon engendraient à leur insu… Surgissait de la mémoire du temps l’image de, pour reprendre l’expression du môme, « m’avoir vu en compagnie de ma fille, le paon sur son épaule ». Moment impressionnant : elle était haute comme trois pommes, tout au plus cinq ou six ans et, le paon avait effectivement bondit pour se percher sur son épaule… Surgit également un autre chapitre avec un oiseau beaucoup plus petit, un moineau, à vrai dire. En terrasse, il nous apparut jouant avec Charlotte, à même le sol, alors qu’elle marchait encore à quatre pattes, lange aux fesses. Une dizaine de minutes tout au plus et il repartait dans le ciel bleu… Naissait ensuite, mélange de mémoires et de réflexions, l’approfondissement sur la formule « question de regard » et, a fortiori, les altitudes progressives des points de vue. Ce n’était point le nombre précis d’yeux qui m’importait, mais l’éclat et la disposition de ceux-ci sur l’éventail de plumes du paon qui me portèrent aussi d’évidence en évidence, de compréhension en compréhension, d’étoile en étoile, là, allongé sur une page verte du livre ouvert de la nature, le regard ailé. Il y avait des îles dans ces ailes là. Il y avait des univers dans ses yeux de soie…
Ton âme est-elle prête à me suivre au sein même des prés, parcs et bois ? Même ceux que tu crois connaître, tu les verras sous un autre œil, je te montrerai qu’il y a de l’invisible vie, je te dirai ce qui n’a jamais été dit ! Parole de Paon !

Avec joie,
Xavier

Écrit par : Xavier | 19/07/2006

l'invisible était devant moi! je n'avais pas vu ce qui était visible.....maintenant je sais...mes yeux et donc mon esprit étaient embués, embrumés par une extase virtuelle qui peu à peu glissait vers un espoir insensé faisant oublier le poids des ans et ces différences qui nous séparaient...occultant ta vraie recherche du bonheur qui n'était pas moi mais un autre que tu méritais!

Écrit par : rbt corse | 05/08/2006

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