05/09/2006

Pied de Singe - Essai

J’avais décidé, ce soir là, de me coucher tôt, car une dure journée m’attendait. Et, sans doute le stress de la veille, je n’arrivais pas à trouver le sommeil.

Ces soirs où vous vous retournez dans tous les sens, pensant qu’une position, plutôt qu’une autre, vous aiderait à trouver les bras de Morphée.

Vient alors s’ajouter un chatouillement à la plante du pied gauche qui, je vous assure, exaspérerait le plus calme d’entre nous. Une sorte de chatouillement qui devient insupportable pour ne pas dire douloureux.

Je décide de prendre un calmant mais rien n’y fait. Non seulement, toutes les positions pour trouver le sommeil me sont inconfortables et en plus, ce chatouillement débile qui faisait de mes nerfs un pâté en croûte prêt à exploser d’avoir trop chauffé dans le four.

J’ai tout essayé, l’eau, les ongles, la brosse à dents, le peigne. Rien pour m’apaiser.

Je décide alors d’y mêler à l’affaire son cousin le pied droit, parlant le même langage, peut être arriverait-il à le raisonner.

Lorsque que tout à coup…. Non, pas possible !!!!

J’ai beaucoup d’imagination mais là, c’est le comble !!!

Et vous allez me prendre pour une folle. Si, si.

Je sentais sur mon pied droit un membre en plus.

J’ai regardé sous la couette, j’avais bien un pied tout à fait normal, formé de 5 orteils comme tout être humain bien constitué.

Mais cet orteil en plus, je le sentais. Invisible aux yeux mais présent de chair. Un gros orteil placé sur le côté du pied comme celui du singe.

Bon, là, on se calme, on dort et demain tout redeviendra normal.

J’ai finalement pu trouver le sommeil.

 

Le lendemain matin, c’était un jour de printemps. Celui où il fait bon vivre, où tout fleuri, où le soleil vous caresse d’une chaleur tiède et bonne, où l’on se sent bien et l’on a qu’une envie, se laisser aller, oublier le temps. Epicurien à plein temps. J’avais tellement bien dormi que j’avais oublié l’incident de la veille.

Je prenais mon déjeuner sur la terrasse, tout en écrivant mon discours pour le soir. J’étais tellement bien sous ce soleil que les mots se coulaient tout seul sur le papier. Comme si ma main trouvait d’elle-même les pensées de mon cœur.

Ma main glissait tellement vite sur la feuille que le crayon en tomba. Enfoncée dans le fauteuil pour ne pas perdre une infime partie du soleil, comme s’il n’était là que momentanément pour ne plus revenir après.

Devinez quoi… Instinctivement, comme un geste courant et automatique mon pied s’approcha du crayon pour l’attraper et ce fameux membre tentait de faire fonction de pince pour l’attraper. Evidemment, je n’arrivais pas à ramasser ce fichu crayon et je ne me suis pas rendue compte tout de suite de ce que je faisais.

Oh, je sais ce que vous êtes entrain de vous dire. Mais non ! Je vous assure. Je n’avais pas fumé la moquette ni tout autre substance qui pourrait foutre la pagaille dans vos cellules cérébrales.

J’étais entrain de m’énerver de ne pouvoir ramasser ce foutu crayon lorsque, évidemment, je pris conscience de la gravité de mon attitude.

C’est effrayant tout de même !!!

Qu’une petite lubie me soit venue hier soir, d’accord car j’étais assez fatiguée. Mais que je remette ça le lendemain, là, ça va plus du tout.

Ma conscience revenue à la normale, j’ai fini par ramasser le crayon de ma main.

Bon, une bonne douche me rafraîchira les idées et plus rien n’y paraîtra.

Me voilà sous la douche et voilà que ça recommence.

Non y’en a marre maintenant. S’il y a quelqu’un qui me fait une blague. Je vous jure, ce n’est pas marrant du tout, du tout.

J’aime beaucoup rire, j’aime beaucoup les blagues, mais là, je trouve que ça va un peu loin.

Une blague, peut être, mais qui ? Qui pourrait faire ce genre de blague ??? Non, il n’y a que moi ici et je crois que je délire complètement.

La boule de savon glisse d’entre mes mains et je vous le donne en mille, je me suis refais le même cinéma. Toujours instinctivement mon pied veut ramasser le savon. Je n’ose même pas toucher ce fichu pied, c’est horrible.

Bon ma cocotte, tu vas terminer ta douche, t’habiller et aller prendre l’air.

 

Ainsi donc, je me trouvais plus tard à flâner dans la rue Peine Perdue à faire du lèche-vitrine. Il y faisait assez calme et ça me permettait de mieux profiter de ces premiers instants de printemps.

Soudain, je m’arrêtai brusquement sur un étal de chaussures. Une espèce de coup de foudre entre une paire et moi. Je me précipitai dans la boutique pour pouvoir les essayer. La vendeuse m’invita à m’asseoir en attendant qu’elle aille chercher ma pointure. Pour ne pas perdre de temps, j’enlevai celle qui était à mes pieds. La jeune dame s’accroupit devant moi, ouvrit la boîte, me demanda lequel de mes pieds était le plus fort et à ma réponse me tendit le gauche. Lorsque j’ai voulu l’enfiler, mon pied n’y rentrait pas. Je lui demande si elle avait pris la bonne pointure et me rassura en montrant l’étiquette sur la boîte. 

Mais rien à faire, impossible d’enfiler cette fichue chaussure, lorsque tout à coup…… le comble de l’horreur….. Je me suis rendue compte que si je n’arrivais pas à mettre cette chaussure, c’était bel et bien à cause de cet orteil. Il était donc bien présent, invisible à l’œil nu, impalpable au toucher mais présent quand ça l’arrangeait.

De ma bouche s’échappa le cri qui tue !!!

19:11 Écrit par Yvonne Kastou dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

... merci de ta visite Yvonne Kastou !

Écrit par : marie@ | 06/09/2006

héhé Je me souviens de cette histoire quand tu l'a racomptée il y a un ou 2ans ...
Mais je vais te rendre jalouse pcq moi, sans avoir un orteil sur le coté j'arrive à ramasser un bic ou un crayon avec le pied - Trop facile -

BiZz

Écrit par : Little Cloé | 08/09/2006

Pied de singe Bonjour Yvonne,
Merci de ton passage en mon blog
Wow ton histoire est incroyable ! elle est vrai?...Bon même si c réel je puis pensée que c possible car bien de phènomènes me son déja arrivée ..et que l'on pense que je suis folle c égal ...l'important c de pouvoir gérer ...et ben au moins cela sort de l'ordinaire lolll .Quoi qu'il en soit tu a la plume facile tant en humour qu'autre ...peut être un bouquin à produire hé pourquoi pas
Je te souhaite un bon wk bien du plaisir ton blog est super j'ai bien ri
Amicalement Mélodie

Écrit par : Mélodie | 09/09/2006

Imagination Pour reprendre un titre connu : "Et si c'était vrai ?"
D'un rêve, d'un sentiment, d'une impression, tout est propice à l'évasion.

Écrit par : Francis Vleminckx | 11/09/2006

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