06/10/2006

L'ombre de Guillaume

Je n’avais plus aucune nouvelle, cela ne m’empêchait pas de penser à lui et je reportais à chaque fois ma visite me prétextant mille et un arguments qui, lorsqu’on y réfléchit, n’ont aucune valeur aux yeux de la vie. Je reste là, inerte dans le hall d’entrée, comme paralysée et l’impression que mon doigt jamais n’atteindra le bouton de l’ascenseur.Sans doute mes angoisses à sa pensée me prétextaient à une fuite. Au dehors, il ne semble pas pleuvoir mais difficile de savoir car tout était humide. Arrivée sur le pallier, je vois la porte entrouverte, je la pousse sans même frapper comme si je savais que c’était vain puisque je n’aurais aucune réponse.Je m’infiltre dans le couloir. L’appartement semble abandonné depuis des lustres. Les murs suintent et l'odeur saumâtre des tapisseries arrachées me prend à la gorge, les peintures sont écaillées, il y a un manque d'air. J’entre dans la pièce principale, les volets ont été condamnés, des planches de bois obstruent les fenêtres, le sol est crasseux, le lit se résume en un matelas défoncé, brun. Agrippé au pied d'un fauteuil face au lit, il est là, gisant en position fœtale. Pénétré de cette odeur âcre, de cette lourdeur de l'air, de cette impossible fuite vers le dehors, son corps nu est recroquevillé, replié sur son propre abandon, tel un petit animal accablant, le corps nu sanglote, frappe de la tête le sol, supplie, gémit des paroles inaudibles.Le corps copeau, bouilli, écorce et grain, le corps perforé, blessé, inerte, meurtri, le corps nu et sale, le corps désordre, absence, terrible appréhension, désespoir, le corps dans les larmes et l'urine, le corps dans la poussière, le corps avarié, ne sachant plus vraiment qui il est, c'est sûr, ne sachant pas du tout où il est, il appelle, il appelle, sacre de la voix humaine qui traverse la poussière et s'élève, et se rétracte et s'engouffre, la gorge sèche et brisée, à mourir, il pleure, il gémit, maman n'est pas là mais un vrai désespoir d'enfant, et chaque son, chaque larme, chaque son tenté et repris par la gorge se heurte au vide absolu qui l’enserre, au vide sans limite. Son corps n'a plus de limite, lui-même qui est-il ? Plus de fin. Tout lui semble sans fin. La sueur, toujours, du front, de la nuque, des reins, des fesses, une sueur où se colle la poussière, sourde, crue, lourde, la gorge dans la poussière, le sexe dans la poussière, le sol poussiéreux, la poussière partout, pénétrant partout. Sarah. Sarah. Il dit. Sarah. Sarah. Sarah. Où est-elle ? Où est-elle ? La bête, le monstre, la séductrice, le bourreau, celle qui l'a amené ici, celle qui l'a enchaîné, celle qui l'a déshabillé, l'amour, l'amour, est-ce bien cela l'amour, cette grotesque mise en scène, il eut été si simple de le tuer. Si simple, rapidement, en finir avec tout cela, proprement, mais non, il y a plaisir à le savoir là, restreint, dans l'obscurité, nu, malade de froid et de peur, sale, seul, si simple de le savoir pleurant, gémissant, suppliant, l'appelant, la demandant, plaisir masturbatoire de cette seule idée. Mon Guillaume, si jovial, si tendre et brillant, nu dans la poussière aujourd'hui, pris dans l'exacte souffrance de l'abandon, au piège de sa propre séduction, Guillaume, ce garçon séduit comme on est séduit par la mer à y pénétrer très lentement, comme on séduit la nuit d'été à s'y prélasser, la fraîcheur des longues nuits d'été qui vient calmer la chair démangée par le sel. Un véritable aimant, ce beau garçon aux yeux clairs, à l'angélisme vainqueur, triomphant de tout, la chair où planter les dents, où enfoncer tranquillement les griffes.Abandonné de sa famille, de ses amis, de son bourreau même qui dort quelque part dans l'obscurité, tapi dans l'ombre comme un animal traqué, prêt à bondir, à lui sauter dessus, griffes dehors, tigre affamé, assoiffé de son sang. Il est là avec lui. Son bourreau a arraché le masque que la société, ses amis, sa famille, lui faisaient porter. Oté le masque, violemment ôté. Comme ses vêtements. Ses chaussures. Les cheveux autour de lui en signe de fatigue, collés au visage, à la nuque, étrange sensation de l'âme livrée au froid, à la poussière, à l'humidité, il a froid, sensation plus étrange encore, entravé comme une bête promise à l'abattoir.Guillaume est un enfant qui, pour une fille telle que Sarah, doit être puni d'être si beau. Il faut couvrir de poussière ce qui rayonne, de disgrâce la beauté, d’impureté le naturel. Guillaume mendie la fin. Il attend la suprême condamnation qui le fait attendre depuis des heures. Il attend l'acquittement, mutilé, souillé, leurré, abusé, trahi, poussé dans l’abîme et l'horreur, transpercé, écrasé, obstrué, qui a soufflé comme un cheval malade sur sa nuque, appuyé sur son dos, saisi ses reins, brisé ses vertèbres, dépouillé, éclaté, pauvre abcès d'amour et puis plus rien, solitaire, livré au silence, à la noirceur, aux effrois, au gel, à l'insuffisance, au dépouillement, aux détritus, à l'urée.  On s'engage dans l'amour comme on s'engage dans une vocation, comme on répond à l'appel de la mer, on s'y engage totalement, violemment, et pourtant, certains hésitent, certains reculent, certains, effarouchés, n'entrent pas dans les incertains en aveugles, ne risquent rien, ne risquent pas cette pitoyable hydrocution, toujours éventuelle, toujours possible. Que faut-il pour savoir si l'on est amoureux ou pas ? Que faut-il au fond ? Le picotement chaud du ventre à chaque baiser ? Le désir ? L’envie de s'éveiller contre son corps ? L’envie d'y croire ? Partir ensemble ? Mourir ensemble ? Et puis quand l'autre vous quitte, que faire ? Qu'y faire ? Comment accepter ? Comment faire taire en soi le chagrin ? Les souvenirs ? Ceux qui vous mettent au bord des larmes, vous balancent du haut de l'échelle ? La chute dure le temps du deuil mais il serait tellement plus simple que l'autre soit mort, les choses seraient tellement plus faciles, tout serait réglé, la pluie sur le corps pour laver la douleur, et l'ignorance qui revient, l'oubli, la disparition progressive et certaine du souvenir, du visage, du corps. De l'amour qui compte et dure, qui ne comptait pas le temps, qui ne compte plus, la mort complète du temps et le visage s'efface ou reste un pictogramme figé car plus à vous, plus à personne, plus personne, la disparition.On ne sait jamais vraiment qui l'on est, ce dont on est fait, ce dont on est capable, dans cette vie où rien ne nous menace sinon l'amour, sa perte et la mort, sa propre mort, celle des autres, de celles et ceux qu'on aime, qu'on a investis d'amour, ce monde où aucun danger ne saurait mettre en péril l'apparence d'être ce que nous sommes, l'être vaniteux et social que nous avons forgé, que notre vie forge, petit à petit, année après année, pour échapper aux douleurs, qui nous préserve des souffrances les plus vives ou les plus tenaces, nous écarte des lances, des flèches, des crachats de la foule, comme un voile pudique et jaloux, une fine poussière, une couverture de vide à se poser sur l'âme, frugalité des sentiments, pauvreté des émotions, un équilibre, un ordre, une vie posée, lisse et propre, un faciès qui nous permet de tenir, oui, malgré tout, de tenir l'existence, la distance, et d'attendre patiemment que la mort nous délivre enfin de l'incohérence évidente, pour qui sait un peu réfléchir, de notre misérable condition. Partir, partir, fuir, quitter tout. Figés dans cette cavité, déplorables humains, dans le fond de notre fosse, dans la boue de notre âme mais au-dehors l'éphémère impression de propreté de l'âme, dissimulés derrière le rideau de la scène, on attend que la salle se remplisse, on attend bravement le moment d'entrer en scène, de jouer la tragicomédie de nos amours, de nos emplois, de nos familles, de nos passions, et que le coup de théâtre soit la mise à mort des mauvais acteurs, des baladins, nous pensons finalement que nous ne risquons rien, et voilà, nous ne savons pas, nous ne saurons jamais qui nous sommes, ce que nous voulions, qui nous aimions, juste des visages, des figures, des mimes loufoques de la joie, du chagrin, du désespoir et de l'amour. Alors que dire après tout cela ? On se jure, on se presse, des serments comme des langues profondes, des bêtises, et le désenchantement des yeux arrachés au visage, l'être creux qui se tord de douleur, au sol, au sol, au secours, et peut-être qu'il n'a pas d'âge, se dit-il, peut-être n'en a-t-il jamais eu et n'en aura-t-il jamais, comme si le temps se figeait dans la mare de boue d'un pauvre sourire qui implore pitié et clémence à la main qui le frappe. Une drôle de matrice : la souffrance. Est-ce qu'il y a finalement une seule raison pour que tout cela continue, la vie, tout ça ? Par la grâce divine, que ce corps enfin soit délivré des liens qui l'entravent, même si rien ne pourra rendre son âme plus libre que ce que la société lui permet ! Pris au piège de la société, on se sent obligés, contraints, forcés, pieds et poings liés, bête entravée, on est pris, la maison, la voiture, les vêtements, la culture même, piégés, on est piégés, et lâches, on se piège soi-même, la liberté nous fuit, fuit, et les idéaux ne mènent à rien, ils meurent, plus personne pour les transmettre, ne serait-on pas à l'aube d'une révolte ? L'amour lui-même, conformiste, mesuré, rangé, agencé, le retour du mariage, l'emprisonnement, la hiérarchie, non, faut pas, pas accepter, pousser les murs, au contraire, s'opposer, résister, frapper les murs et l'air, et qu'il y ait des morts, enfin, des martyrs, des morts, en quoi la mort est-elle grave si elle ne sert à rien, la mort n'a de sens que celui qu'on lui donne, mourir, après tout, quand le désespoir est plus fort que tout, si fort, si sombre, l'avenir, si vide, quel choix alors, quelle décision, que tout cela ait enfin un sens, bon Dieu, un sens.O l'amour, cette drôle de chose, cette notion, idée, abstraction, à qui refuse de la vivre et j'en suis. Arrache la langue avec les dents, le baiser est dur et c'est de la pierre dans la bouche, du gravier, comment dire ensuite, comment parler, mal, mal, mal, ça fait mal, l'amour, ça fait mal, jusqu'au vertige, idée sombre de sang versé, l'amour, des fontaines de sang, mourir pour des idées, mourir de chagrin, mourir d'amour perdu, le sang bouillonne, donner un sens à la vie, une vie où fleurit le courage, où s'abstient la misère, l'amour c'est tout, sauf la misère, sauf le médiocre, sauf l'ennui, sauf l'absence de liberté. Une force, la spirale des corps l'un à l'autre et non plus engoncés d'eux-mêmes, les corps l'un à l'autre, la misère de l'amour est l'arrachement des corps qui s'aimaient, le détachement, la mort, l'oubli, la séparation, le temps qui passe. Facile de se souvenir de cette première misère d'amour, non ? Comment accepter que le temps nous noie, que l'autre, le corps aimé, répète les mêmes gestes, ait les mêmes rires, les mêmes étreintes ? Comment accepter ? Comment faire que tout soit neuf pour soi, sans trahir l'amour qui fut et qui ne devait plus être ? Comment trouver l'absolution, la solution, comment jeter enfin les habits du deuil, les vestiges d'enlacement ? " Vivez en paix et ne vous vengez pas vous-mêmes, mes bien-aimés. " Gentiment creux, le chagrin passe, comme le sentiment d'amour, tout passe, tout finit par passer, l'amour comme le reste, pure fiction, invention de l'esprit qui nous rassure, avancer dans la vie, car quoi, au bout quel but, quelle fin, quelle absolution, résolution, solution, quelle fin, le définitif abandon, pour tous, pour toutes, ça vient, ça cingle, au bout du compte, fais tes comptes, c'est la fin, c'est clos, ça se ferme, un éternel dimanche, le repos, une porte claquée derrière soi, ça gifle, pleine figure au point d'en être renversé et l'absence de connaissance, on ne sait pas, on sait rien, les autres autour pleurent ou se réjouissent, autour, ils savent, agglutinés comme des mouches autour d'une bière fraîche, c'est triste à mourir, c'est bizarre, pas d'amour ça non, juste voir sa propre mort dans celle de l'autre, prochainement, chacun son tour. Perdre le corps aimé, c'est se perdre un peu. C'est perdre un peu de lien avec la vie, perdre le courage de la caresse, le possible orgasme, le plaisir qui rend fou, et quoi de plus sacré au fond ?Comment savoir ? Obscurité dense et profonde. Les yeux se sont sans doute un peu habitués mais pas facile, ça fait mal, ça tire sur la rétine. De tout son poids, amoureuse, la nuit permanente s'est allongée sur son corps. Je suis seul, je suis seul, pense-t-il, seul au milieu de l'ombre, seul au milieu de la nuit, et je fais corps avec elle et je suis elle et elle me pénètre, elle pénètre en moi, par chaque vacance, chaque béance, elle est en moi, je me noie en elle.  Que sont les blessures pour celui qui défie son âge et le temps qui passe ? Nous sommes un seul corps, étant tous membres les uns des autres ". Qu'est-ce que la mort ? Le grain qu'on ne ramasse pas, la sécheresse, le cœur froid, rien ne bat plus, c'est vide. Quand est-on mort ? Quand ? Alors continue, continue, déchire-toi, ne crains pas de torturer l'animal qui croît en toi, comme un cancer du bout du ciel, sous ta peau les bouquets de trahisons, les amis perdus, les séductions illusoires, les vanités. Tu n'as pas peur je sais, je sais la parcelle d'absolu, complète et sombre déraison qui serre si souvent ta gorge et broie bien doucement les amours en toi, le pardon. Tu ne crois pas en Dieu mais tu es l'enfant des compromis, des coups, des clous. Tu es le sacrifice et le néant, agneau de qui tu es le loup. Continue, déchire-toi, ne crains de piétiner ta foi. Tu es un Christ qui n'a pas une chance de résurrection. Tu te dissous. Pas de combat. Est-ce qu'il y a seulement une solution à tout ça ? Seulement la fin du jour qui boit jusqu'à la lie l'eau où tu te noies. Tu as tant chéri les certitudes. Tu es allé trop haut et l'altitude a brisé ton cœur, jeté à bas tes illusions, tes rêves, tes discours. Te revoilà dans la fournaise et de nouveau tu feras le saut. Peut-on rallumer le feu d'une braise ? O la bête malade et qui traîne, entravée de ses propres chaînes, avance péniblement à la marée, inutile du sang qui s'en va. C'est un mensonge retardé, oublié à mon bras entre le ciel et la terre. A chaque retour de manivelle, à chaque nouvel arrivage, sentiments en eau de vaisselle, violence sans solution, la mort, la mort est une injustice, c'est insupportable. Aucune probable absolution. Juste le vide du soir tenu entre tes bras, des journées lentes à mourir. C'est comme ça. Il est temps de tuer les souvenirs, la brillante jeunesse du sang. O le beau séjour sous la terre et plein la bouche pour te taire. Est-ce que tu penses que je vais accepter ça, hein ?Voici l'heure de sortir de ton sommeil ". Ta force peut devenir matinale, ton amour recréant.O Guillaume, Guillaume, mon doux, ma chair, lève-toi, éveille-toi, allons, l'aube arrive et ta délivrance, Guillaume, mon blond, mon rose, mon aimant, éveille-toi, maintenant, Je t'accueille sur mon sein, je te nourris du lait des songes, écoute naître l'aube dans l'ombre. Je vais maintenant souffler la chandelle, Guillaume, et de nouveau ce sera le jour, je vais souffler la bougie et tu vas t'éveiller, mon doux. Nous sortirons de l'ombre. Nous sortirons ensemble, au soleil, rouler au soleil, au sable, au sel, ce sera l'été Guillaume, ton été, ta renaissance. Quel autre choix ? Il faut que tu t'éveilles. Je vais te laver, Guillaume, et t'emmener loin d'ici. Tu as si longtemps dormi. Je veillerai sur toi. Tu ne dis rien ? Tu ne dis rien. Tu m'en veux de ne pas t’abandonner ? Il ne faut pas, Guillaume. Je ne suis pas mauvaise. C'est le désir, seulement le désir qui est mauvais. Viens, lève-toi, lève-toi, donne-moi la main, tu vois, le jeu est fini, ça suffit, viens, lève-toi, je caresse ta peau, tu es sale, je vais te laver, viens, là, tiens sur tes pieds maintenant, marche, je te soutiens, viens, marche, je t'aide, voilà, j'ai bien réfléchi, je ne peux pas te laisser partir, tu comprends, Guillaume, je t'aime trop, mon doux, viens, ma conscience est vive. Il fait presque jour, sortons ensemble. Les souffrances du temps présent sont sans proportion avec la gloire qui doit être révélée en nous. Nous n'avons plus qu'à grandir ensemble. Sortons de l'ombre. Je laverai même tes silences, Guillaume, tu seras neuf, comme neuf, un autre. Tu as eu soif ? Mais comment saurais-tu aujourd'hui comme il est bon de boire si tu n'avais pas eu soif, comment aimer la caresse sans la morsure ?  La nuit fut longue, tu es épuisé, viens, je t'épuiserai de tendresse".Lorsque je me penchai pour ramasser ses vêtements, j’entendis une détonation, je n’avais pas vu qu’il avait une arme.

21:58 Écrit par Yvonne Kastou dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

de l'étoffe d'ecrivaine......... Tu as lu Marc Levy..., Paulo Cohelo....bientôt c'est toi qu'on lira sur les étals des librairies.....le texte est dur, mais quelle vertigineuse puissance! j'avais déjà été chaviré par tes écrits mais là c'est d'une beauté échevelée ; un foisonnement d'idées qui vous donne un grand coup de poing aux tripes......
En plus, après ton texte....
"j'entendis une détonation, je n'avais pas vu qu'il avait une arme" m'est revenue la vision, comme si c'était hier, de ce jeune homme, comme Guillaume, qui venait de se tirer une balle dans la tête.......j'étais seul avec lui.....il s'était raté.....raté car il n'était pas mort...mais il n'avait pas raté sa tête... je ne décrirai rien de plus ici, pour l'instant.....ou jamais.....je n'ai pas ton talent et ce serait sordide peut être......

Écrit par : B. Lancaster | 07/10/2006

Fabuleux Ce texte est divin, il m'a laisse pantois et franchement quel magnifique blog que tu as Yasmine ;)

Gros bisous Yas ;)

Écrit par : Aspegi© | 08/10/2006

Je connais... ... une nana qui a vécu un truc similaire. Mais le gars ne s'est pas achevé et ce n'est pas Sarah qu'il criait...

Écrit par : Ton chevalier aimant | 12/10/2006

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