14/02/2007

Le Spéléologue II (suite)

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II

 

J’étais devant l’entrée, enfin !

Ce monde il me fallait l’explorer.

Tout en regardant cette ouverture noire, béante, l’étrange sensation que j’avais éprouvée la première fois se manifestait à nouveau. Une espèce de vertige s’empara de moi. Je ne peux pas dire que c’était agréable mais l’inverse n’était pas le cas non plus. Je ressentais plutôt comme deux forces contraires. L’une qui m’attire de tout son soul et l’autre qui me repousse tel un fléau. C’était comme si deux êtres invisibles se disputaient pour qui m’aurait. Un combat entre le jour et la nuit, le froid et le chaud, la terre et le ciel, l’amour et la haine, le bruit et le silence, la peur et le courage, la folie et la raison, le bien et le mal.

Lorsque tout à coup, une autre sensation vint s’ajouter, cette fois une présence. Une présence beaucoup plus réelle. Je me sentais épié et cette présence me paraissait familière. Un sentiment très particulier que celui-là car autant il m’effrayait, autant il me rassurait. Une nostalgie de je ne sais quoi s’empara de moi. J’ai regardé tout ce qui m’entourait, il n’y avait pas âme qui vive, pas la moindre mouche si ce n’est tout ce qui naît de la terre et de la nature et ce gros rocher magnifiant sa grandeur qui paraissait gouverner en maître ce recoin de la forêt.

C’est là que j’ai pu remarquer que le paysage était tout à fait différent. Les plantes paraissaient plus vertes, les feuilles plus épaisses, les arbres plus grands. Une nature qui paraissait en meilleure santé que partout ailleurs comme si la terre qui les nourrissait se composait de nectar des dieux, de la source de vie.

Et en même temps, cette nature était inerte, aucun vent ne venait caresser leur feuillage, aucun mouvement, tout était inanimé ; autant de vie dans leurs couleurs et leur épaisseur, autant de mort dans le mouvement.

Il y régnait un silence hors du commun. Non pas un silence glacial mais de paix, de repos. Pas un seul animal qui vive, si petit soit-il. Tel un endroit sacré où tout ce qui s’oppose se rejoint, vit non pas en harmonie mais dans la tolérance.

Un lieu de paix qui voudrait prouver par son intensité que toutes différences, toutes oppositions, pourraient s’entendrent. Toutes religions, toutes couleurs, tous niveaux social, ne font nullement l’objet de concurrence ; seule l’égalité régnant et ce gros rocher faisant fonction de médiateur.

J’ai compris bien vite que la présence que je sentais ne venait pas de ma pure imagination lorsque j’aperçu cette silhouette ; tantôt elle paraissait se cacher pour ne pas que je la découvre, tantôt il me semblait qu’elle se montrait volontairement pour me prouver la réalité de sa présence ; j’ai pensé dans un premier temps avoir été suivi depuis l’hôtel mais ce fut chose impossible car j’étais certain d’avoir redoublé ma vigilance pour que cela n’arrive pas.

Mon étonnement fut plus grand encore lorsque j’ai perçu son visage. C’était un enfant. Un petit garçon. Je l’avais déjà vu, je le connaissais mais ma mémoire ne se souvenait pas. Qui était-il ? Où l’avais-je rencontré et quand ? Et pourtant ce visage m’était très familier. Il m’était même quelque part intime. Cette impression de le connaître depuis toujours. Que faisait-il là ? Que me voulait-il ?

Sa présence n’était pas un hasard. Ce n’était qu’une intuition. Mais l’intuition n’est-elle pas une clé pour évaluer au plus juste l’essentiel ?

 

Suite

20:42 Écrit par Yvonne Kastou dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Une délice, un pur délice à te lire.
Merci

Écrit par : nanou | 15/02/2007

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