28/02/2007

Coquelicots

 coquelicots
Aujourd'hui, j'ai eu une pensée pour eux.
Pourquoi les coquilecots, je l'ignore.
Ce que je sais, c'est qu'ils disparaissent en nos régions.
Nul besoin d'attendre la saison pour parler,
J’avais envie de leur rendre hommage
Ces petits êtres si joyeux,

Coquelicoq Coquerico

Princesse de nos campagnes,
Petite fée des routes,
Herbe folle si fragile et frêle,
Insoumise et rebelle,
Délicate et robuste à la fois,
Tu remplis mon cœur de beaucoup,

Coquelicoq Coquerico

Vagabonde et rebelle,
Tu pousses de la rocaille,
Sauvage et indomptable,
Ecarlate, douce et troublante,
Comme un p'tit coqu'licot, mon âme,

Coquelicoq Coquerico

Froissée par le moindre souffle,
Ondulante sur les champs de blé,
Dansante au vert de la prairie,
Incarnation de l'ardeur fragile,
Je suis à fleur de mots,

Coquelicoq Coquerico

Ephémère et saignante,
Remuées et torturées,
L'âme exaltante en pourpre souveraine,
Terrible amante de rouge passion,
Ce n'est pas moi Sainte Pivoine,

Coquelicoq Coquerico

Hypnotique à la douceur troublante,
Soyeuses pétales un peu froissées,
Au nombre de quatre composée,
Comme l'Eau, la Terre, l'Air et le Feu,
Si tu me cueilles, je suis fânée,

Coquelicoq Coquerico

Nous sommes les enfants des étoiles,
Les frères des bêtes sauvages,
Les parents de la terre,
Les cousins des jolis coquelicots,
Laissez-les vivre comme mes mots.

Coquelicoq Coquerico

22:23 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

27/02/2007

Tréfonds

Musique… L’esprit se fond avec la musique...La musique est un passage, ...Le tic-tac du réveil, ...Le tic-tac de la renaissance....Le cœur qui bat sous la poitrine, ...Les convulsions des mandibulaires...Je m’attends à décoller, ...À vivre l’intensité, ...Au delà des mots, ...Au-delà des vies, ...Au-delà des morts, ...Au-delà de tout ce débordement....

Un blanc éclatant envahit l’espace,...Un reflet danse, animé par la bougie contre le mur,...Mur des fusions en transparence, ...Bien au delà des astres....Fourmillements dans les jambes,...Fourmillements dans le ventre,...Un grouillement sourd et étrange gagne mon être tout entier,...Le temps ne compte plus, ...Il n’est plus rien....Vibrations de notes blanches,...Mystère intense, ...L’imprononçable commence à naître sur la musique.

Angoisse brûlante au ventre,...Je danse alors comme un enfant qui brave le feu....Un long balancement comme du velours,...Ou de la soie, ou du satin...Tous mes os seraient velours,...Et mes nerfs seraient de satin...Le cœur ouvert sur toutes les ondes,...Onduler est un plaisir...Tel un serpent de mer sur l’océan du devenir....Révélation de tous les arcanes...Le seul système serait solaire....Vivre alors un maximum d’intensités,...Pour le meilleur et pour le pire, ...Dans des orgies intraduisibles...Dont le seul nom est le sublime....Légaliser tous les délires,...Tous les désirs,...Toutes les révoltes,...

Feux désirants de l’Astre ...Qui brille au firmament....Un regard peut attiser l’autre soleil qui demeure en toi....Cet éclat divin inscrit en toi, ...Au plus ronflant de ses viscères...Les ondes musicales rythment le corps à l’univers ...Danse de souplesse, danse lente et périlleuse, ...Au cœur de l’âme universelle...Mes tempes brûlent ...Brûlent et bourdonnent, ...Tout en musique...Mes lèvres muettes absorbent des profondeurs jamais atteintes ...Langage muet ne pouvant atteindre cette flamme...Cette flamme de toutes les présences de l’univers, ...Disposons d’une vie la plus parfaite, ...La plus terrible, ...La plus magnifique, ...La plus magique des vies acquises ...Étant toujours celui que l’on est....Cette présence muette et immobile ...Joue une valse en altitude, ...Sommet des cimes de ton espace, ...Sommet des cils de ton regard, ...Sommet des cimes de ton Amour, ...Ce magnifique amour ...Par la matière du monde céleste...Que veut dire homme ? ...Qui parle en toi quand tu discours ? ...Qui pense en toi quand tu jouis ? ...Qui jouit en toi quand tu écris ?...Ou quand tu ris ou quand tu penses ??? ...Le centre de la vie est dans ton cœur...Chaque seconde est un siècle....Chaque mot est un explosif....Chaque soupir est le royaume où le souffle s’élève vers les voûtes les plus hautes, ...Vers les cieux accueillants qui dirigent notre âme....

Le plus bel hommage que l’on puisse rendre à cette planète, ...À cette matrice qui nous fait vivre, ...À cette vie qui vibre en nous, ...Qui est en nous et qui est nous, ...C’est de faire l’amour le plus souvent ...Et faire l’amour ne veut pas dire n’importe comment, ...N’importe quand et avec n’importe qui, ...Car faire l’amour c’est être amour ...Et se laisser remplir par l’autre, ...Se laisser envahir d’énergies....Se déposséder de son ego....Faire l’amour éternellement ...Comme inonder l’univers qui vous remplit comme un grand souffle ...Et fait revivre les astres stellaires dans notre étreinte la plus sublime....Pénétrer tous les arcanes de la nature ...C’est de respirer et de s’élever avec le regard dedans son œil....Pas besoin de voyager ...Car le Voyage est immobile....Oui, le voyage est immobile ...Et la lumière est immobile, ...Et dans la vie, il y a la mort et il y a la vie ...Et dans le regard, il y a l’amour ...Et dans ton œil est l’univers ...Et l’univers vit dans ton cœur ...Et ton cœur bat dans les lumières des galaxies de l’éternité....Le moindre instinct est sublimé, ...Ne refoulant aucun désir, ...Aucune terreur ...

Mais j’aimerais sentir ta main contre la mienne ...En ce moment même...Je sais bien sûr la solitude, ... Inexorable aux êtres humains....Mais le fleuve du temps est si rapide ...Que je voudrais une fois encore, ...Une dernière fois, ...La première fois, ...Te dire ces rêves intraduisibles, ...Ces vibrations si merveilleuses, ...Qu’ouvrit un jour la clef des songes....J'aimerais entendre les tiens, ...Voler dans tes airs ...Et parcourir ton chemin, ...Il n’y a pas de réalité....Il y a mille réalités....Tout est sacré, ...Tout vit, ...Tout vibre, ...Et le respect est une jouissance ...Que teinte la tristesse de re-trouver l’autre, ...Là où le regard est de jasmin ...Et où l’amour brûle en dansant....Quelques visions encore ...Maintenant persisteront jusqu’aux entrailles, ...Jusqu’aux tréfonds de la connaissance, ...Je peux avoir du réel ? ...Même si tout cela ne fut qu’un rêve ?

18:38 Écrit par Yvonne Kastou dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

20/02/2007

Retrouvailles

Trois ans... Trois longues années qu'ils ne s'étaient pas revus. Et puis là, tout à coup, un face à face. Ils sont restés là un moment, inertes, sans rien dire, comme paralysés par l'étonnement. Comme si le temps s'était arrêté. Ils se sont regardés longuement. Surpris. Des sensations bizarres qu'ils ne savaient traduire. Puis ils se sont souris. Se sont enlassés comme de vieux amis. Les mots ne naissaient pas sur leurs bouches. Seuls les yeux communiquaient. Et puis tous ces gens autour, ça les gênait. Certains étaient étonnées qu'ils se connaissent. Personne ne savait. Ils s'étaient créés un monde pour eux deux. Un monde où ils s'enfermaient. Ils y restaient parfois trois jours entiers, loin de tout. Puis il disparaissait plusieurs jours, une semaine, des semaines. Elle ne supportait pas mais ne pouvait rien faire. Aucun moyen de le contacter. Souvent, elle avait cette impression de rêver, de vivre avec un fantôme ou avec sa propre imagination. Lorsqu'elle n'était pas chez elle, il faisait toute la ville pour la chercher et il finissait toujours par la retrouver. Parfois, elle ne lui ouvrait pas la porte, surtout après ses longues absences mais elle terminait toujours par céder parce qu'il se faisait remarquer dans le voisinage jusqu'à ce qu'elle lui ouvre. Parfois il bloquait la rue avec sa voiture et ne prétendait pas circuler pour laisser passer les autres sous prétexte qu'il l'aimait. Et il lui faisait la cour à l'ancienne sous sa fenêtre se fichant bien de réveiller la rue en pleine nuit. ça se terminait toujours en fou rire.
Et puis un soir, il est parti en claquant la porte pour ne plus jamais revenir, en lui disant que jamais elle ne changerait.
Elle n'avait jamais compris cette remarque. Changer, changer.... pendant tout ce temps, elle s'était demandée ce qu'elle devait changer. Jamais elle n'avait pu trouver un sens et se reprochait un "je ne sais quoi". Que devait-elle changer ? Accepter qu'il revienne dans ses bras comme il disparaissait ? Accepter son comportement sous prétexte de ses états d'âme ? Jamais elle n'avait accepté qu'il la considère comme un exutoire à pulsions.

Après ces années, elle n'avait pas changé d'après lui. Toujours ce même sourire généreux. Un sourire vitamines comme il aimait à dire. Lui, seul les cheveux gris avaient ajouté du temps et il avait gardé son regard d'enfant qu'elle aimait tant.
Ils auraient aimés se raconter. Elle aurait voulu lui confier qu'elle n'était pas heureuse avec l'homme qui partageait sa vie. Elle lui aurait bien demandé de l'emmener mais il devait rejoindre sa compagne. Une étudiante bien plus jeune que lui. Sans doute une folie du moment. Une échappatoire à sa vie morose.

Il est vrai qu'il fuyait la stabilité depuis son divorce. Il avait tout investit dans son mariage. Tout, corps et âme. Et il vivait alors dans la peur de tout perdre à nouveau. Elle avait été sa première femme après cette déchirure, cette cicatrice béante qu'il ne pouvait pas refermer.

Dans le brouhaha du groupe, il réussit à trouver un moment d'intimité pour lui glisser à l'oreille qu'il l'avait aimée, vraiment aimée mais qu'il n'avait jamais osé revenir tant son attitude avait été, à l'époque, déplorable. Jamais il ne l'avait oubliée. Bien souvent, il avait pensé la retrouver, mais la honte de son attitude l'en empêchait et il n'aurait su quoi dire.

Elle était soulagée d'entendre ses paroles. Ses nouveaux mots conjuraient enfin les anciens.

Il devait absolument partir mais il n'en avait pas l'envie. Il aurait voulu l'arracher de sa vie pour l'emporter dans leur monde qui n'appartenait qu'à eux. Il aurait voulu avoir un numéro où pouvoir l'appeler, une adresse mais il n'osa pas lui demander en présence de son compagnon. Il partit le coeur serré mais embaumé.

Jamais ils ne se sont revus depuis ce jour-là.

19:59 Écrit par Yvonne Kastou dans Amour et Sentiments | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

19/02/2007

Le versant

Je suis le versant qui n’est jamais dans la durée
Perpétuellement à l’écart et pour l’éternité
Je suis le versant qui déambule 
Sans aboutir, sans espérer 
 
Je suis le versant qui cherche le dernier but
L’ultime porte qui ouvre le passage
Je suis le versant qui cherche une solution
Celui qui écoute les impulsions
 
Je suis le versant qui frappe quand on lui fait mal
Celui qui hurle comme un chien blessé
Celui qui recule mais montre les dents
Celui qui n’a pas peur de tomber dans la bourbe
 
Je suis le versant qui aime trop grand
Moitié homme, moitié femme, et leurs parts d’enfants
Je suis le versant qui aime sans exception
Aller très loin, au plus loin, celui du bout
 
Je suis le versant  qui ne fait pas mal
Celui qui agit comme un animal
Si tu n'en veux pas de ce versant-là

Reste du côté de l’autre versant.

16:12 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

17/02/2007

Le spéléologue III

Si vous n'avez pas lu :

Chapitre I
Chapitre II

 

III

 

Je sentais qu'il tentait de s'approcher de moi sans que je puisse, moi, m'approcher de lui. Il avait quelque chose à me communiquer mais voulait garder ses distances. Il me fixa de ses yeux diaphanes. Ses yeux étaient si clairs qu'ils semblaient donner directement à l’âme. Un regard appuyé et pénétrant. Ou peut-être cherchait-il à pénétrer ma conscience ou encore me prévenir d'un danger.

J'étais comme paralysé, mon regard ne pouvait se détourner du sien. J'étais comme envoûté par ce regard si pur, si dense, si perçant.

C'est alors que mon cerveau s'est mis à fonctionner à du 200Km/heure. Ma vie s'est défilée à un rythme vertigineux. Déception, espérance, pleurs, joie,… Toutes la gamme des émotions y passaient. Pleins d’images se sont mises à défiler devant mes yeux comme un film. J’ai regardé ma vie se dérouler dans l'ombre et la lumière. J’ai vu tous les miens, soudainement rassemblés, les amours enfantines, les amitiés qui ont, depuis si longtemps, roulé au ravin. En un éclair, j’ai tout revu, tout senti. J’ai frémi en revoyant le visage des miens. J’ai senti les odeurs de l’enfance, les épreuves, les joies, les bonheurs. Tout ressurgissait par-delà le temps. je n’avais aucune peur ni aucune souffrance, j’éprouvais un sentiment de bien-être comme une gigantesque paix à l’intérieur de moi.

Tout, en moi, rebondissant, intact, distinct, ramenant dans leur sillage ces lieux où enfant, je les avais senties pour la première fois, aussi les odeurs si particulières comme celle du retour du printemps.

L’enfance a ses vertus. Elle nous sert à construire les fondations de nos rêves et nos vies. C’est dans cette mémoire d’enfant que je devais puiser mes forces, fouiller mes colères, entretenir mes passions, et bien souvent repousser les frontières de mes peurs et de mes limites.

Certaines blessures de l’enfance ne cicatrisent pas, elles se font oublier, le temps de nous laisser grandir, pour mieux resurgir plus tard.

C'est ce qui m'arrivait à l'instant.

C'est là que j'ai compris que ceux qui croient tout voir, sont bien souvent aveugles de tant d’essentiels. Qu'il était important de donner l’espoir de tous les possibles. Tenter de refouler nos ancestrales frustrations qui n'étaient que leurres. Ramener la vie à l'essentiel, à ce qu'il y a de plus simple mais tellement difficile à penser. Être tout simplement ce que nous sommes. Être soi, sans détour. Être amour. L'amour n'est pas une chose, l'amour est tout, sans exception. C'est le sacré de notre vie. L'ensemble de la vie s'unit et se désunit dans l'amour : la pluie dans les racines, les étoiles dans l'espace, la lumière dans le feu, la naissance dans la mort. C'est l'innocence des enfants. C'est la résolution de l'incertitude. Il n'y a pas de limites à l'amour. Aimer, c'est le plus grand enseignement que la vie a à offrir. L'amour est toute chose et aucune chose à la fois.

Un film. Le film de ma vie. Le film de mes amours vécus, mes amours perdus, mes amours cruels, mes amours passionnels. Mon père, ma mère, mes frères, mes amis, mes amantes, un passant, un voisin. Une rétrospective de mes propres images, avec des prénoms, des titres, des voix, des sensations, des lieux, des odeurs, des amours vécus, sans oublier les refoulées, les rêves pas autorisés, toutes les amours impossibles qu'on n'a pas tenté d'essayer.

C'est ainsi que tous les chapitres de ma vie défilèrent jusqu'à Rachel.

Revenu au présent, l'enfant s'était évanoui et je me retrouvais à nouveau dans ce décor où naît toutes les forces vitales du centre de la terre.

 

Suite

22:19 Écrit par Yvonne Kastou dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

14/02/2007

Le Spéléologue II (suite)

Si vous n'avez pas lu le chapitre I cliquez ici

 

II

 

J’étais devant l’entrée, enfin !

Ce monde il me fallait l’explorer.

Tout en regardant cette ouverture noire, béante, l’étrange sensation que j’avais éprouvée la première fois se manifestait à nouveau. Une espèce de vertige s’empara de moi. Je ne peux pas dire que c’était agréable mais l’inverse n’était pas le cas non plus. Je ressentais plutôt comme deux forces contraires. L’une qui m’attire de tout son soul et l’autre qui me repousse tel un fléau. C’était comme si deux êtres invisibles se disputaient pour qui m’aurait. Un combat entre le jour et la nuit, le froid et le chaud, la terre et le ciel, l’amour et la haine, le bruit et le silence, la peur et le courage, la folie et la raison, le bien et le mal.

Lorsque tout à coup, une autre sensation vint s’ajouter, cette fois une présence. Une présence beaucoup plus réelle. Je me sentais épié et cette présence me paraissait familière. Un sentiment très particulier que celui-là car autant il m’effrayait, autant il me rassurait. Une nostalgie de je ne sais quoi s’empara de moi. J’ai regardé tout ce qui m’entourait, il n’y avait pas âme qui vive, pas la moindre mouche si ce n’est tout ce qui naît de la terre et de la nature et ce gros rocher magnifiant sa grandeur qui paraissait gouverner en maître ce recoin de la forêt.

C’est là que j’ai pu remarquer que le paysage était tout à fait différent. Les plantes paraissaient plus vertes, les feuilles plus épaisses, les arbres plus grands. Une nature qui paraissait en meilleure santé que partout ailleurs comme si la terre qui les nourrissait se composait de nectar des dieux, de la source de vie.

Et en même temps, cette nature était inerte, aucun vent ne venait caresser leur feuillage, aucun mouvement, tout était inanimé ; autant de vie dans leurs couleurs et leur épaisseur, autant de mort dans le mouvement.

Il y régnait un silence hors du commun. Non pas un silence glacial mais de paix, de repos. Pas un seul animal qui vive, si petit soit-il. Tel un endroit sacré où tout ce qui s’oppose se rejoint, vit non pas en harmonie mais dans la tolérance.

Un lieu de paix qui voudrait prouver par son intensité que toutes différences, toutes oppositions, pourraient s’entendrent. Toutes religions, toutes couleurs, tous niveaux social, ne font nullement l’objet de concurrence ; seule l’égalité régnant et ce gros rocher faisant fonction de médiateur.

J’ai compris bien vite que la présence que je sentais ne venait pas de ma pure imagination lorsque j’aperçu cette silhouette ; tantôt elle paraissait se cacher pour ne pas que je la découvre, tantôt il me semblait qu’elle se montrait volontairement pour me prouver la réalité de sa présence ; j’ai pensé dans un premier temps avoir été suivi depuis l’hôtel mais ce fut chose impossible car j’étais certain d’avoir redoublé ma vigilance pour que cela n’arrive pas.

Mon étonnement fut plus grand encore lorsque j’ai perçu son visage. C’était un enfant. Un petit garçon. Je l’avais déjà vu, je le connaissais mais ma mémoire ne se souvenait pas. Qui était-il ? Où l’avais-je rencontré et quand ? Et pourtant ce visage m’était très familier. Il m’était même quelque part intime. Cette impression de le connaître depuis toujours. Que faisait-il là ? Que me voulait-il ?

Sa présence n’était pas un hasard. Ce n’était qu’une intuition. Mais l’intuition n’est-elle pas une clé pour évaluer au plus juste l’essentiel ?

 

Suite

20:42 Écrit par Yvonne Kastou dans Fiction | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

13/02/2007

La petite graine

Une semence, une minuscule petite semence peut devenir un champ de bonheur.

Un peu de persévérance pour lui laisser le temps de pousser, juste le temps que ce bonheur soit mûr.

Toute l’intelligence est de trouver cette petite semence et surtout de la reconnaître.

L’amour est un fragment d’espoir

Un renouvellement incessant de l’Univers

Un parcours vers la destinée.

La différence ? Simplement là pour exploiter l’intelligence sans quoi un monde homogène aurait été triste à mourir.

Que celui qui trouve son autre moitié devienne plus abouti que l’humanité tout entière. L’homme n’est pas unique en soi mais lorsqu’il commence à aimer, il le devient. Il n’y a rien de plus parfait dans l’univers que deux êtres qui s’aiment.

L’amour c’est l’alpha et l’oméga de toute vertu. De l’un à l’autre, tout l’alphabet de vivre.

L’amour intéresse tout le monde et plus que tout.

L’amour céleste reste fidèle toute sa vie, parce qu’il s’est uni à une chose durable.

L’amour populaire périt en même temps que leur beauté.

 

Que votre semence prenne naissance dans votre champ et pousse jusqu’à maturité.

10:24 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

06/02/2007

Soleils en crêpes

Petite histoire tirée de Où es-tu ? de Marc Lévy. Trop belle que pour ne pas la partager. Contexte : Une femme pleure, une petite fille réagit.

 

Chez moi, au Honduras, il pleut beaucoup, pas des pluies comme ici mais des pluies très fortes qui tombent pendant tellement de jours qu’on ne peut plus les compter.

La pluie est si forte qu’elle finit toujours par trouver son chemin pour entrer sous les toits.

Elle est si forte qu’elle finit toujours par trouver son chemin pour entrer sous ton toit et elle coule à l’intérieur de ta maison.

Elle est intelligente la pluie et il lui en faut encore plus, toujours plus.

Alors elle cherche comment aller plus loin, et si tu ne fais pas attention, elle finit par atteindre son but, elle se glisse dans ta tête pour te noyer, et quand elle a réussi, elle s’enfuit par tes yeux pour aller noyer quelqu’un d’autre.

Cette pluie que tu essaies de retenir en toi, c’est trop tard, tu l’as laissée entrer, tu as perdu.

Elle est dangereuse cette pluie-là, parce que dans ta tête elle enlève des bouts de cerveau, tu finis par renoncer et c’est comme ça que tu meurs.

Alors maman elle a un secret pour nous protéger de la pluie, pour l’empêcher de nous faire du mal : elle fait des crêpes et les lance pour qu’elles se collent au plafond.

Ça fait des soleils sous le toit et ça évite de pleurer.

 

S’il vous arrive de pleurer, demandez-moi, je vous ferai volontiers des crêpes.

11:03 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Ecriture

Quelle puissance que l’écriture.

Quelle magie, quelle évasion.

S’évader hors des sentiers battus.

Limite de la réalisation d’un rêve.

Plus fort qu’un uppercut.

Les mots pénètrent, prennent possession,

Font lever tout un magma

L’écriture pacifie, conjure.

Tant de choses à dire.

Tout se mêle et s’entremêle.

Passé, présent, futur.

Ce besoin d’écrire subordonné par un besoin de connaissance,

Par l’écriture, la permission de transformer, de créer, de recréer, de crier tout en douceur,

De se frayer un sentier dans la nuit.

Édifier du neuf, mais il faut au préalable détruire le vieux,

Faire place nette,

Mettre à mort l’enfant qui survit en soi,

Celui avec ses craintes, ses blessures,

Le souvenir des humiliations subies,

Ses révoltes, son ressentiment.

Besoin d’écrire par manque de parler.

S’affranchir de son histoire, de gagner son autonomie.

Mots qui permettent de dire ce qui a toujours été tu.

Posséder les mots et les laisser prendre possession de soi.

Aux muselés, aux censurés,

Aux proscrits des mots,

Aux étouffés par leurs mots laissés pourris dans la gorge ou le bout des doigts,

Que la force vous emmène pêcher vos mots,

Capturer vos phrases et délivrer vos cœurs.

10:12 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |