15/05/2007

Etreinte

 

Depuis qu'il la connaissait, il n'avait qu'une envie. La connaître mieux, être son intime, son ami, son frère, son amant.

Depuis qu'il la connaissait, il ne voulait qu'une chose. Lui plaire, l'intéresser, l'attirer, partager.

Mais il ne pouvait rien faire, rien exprimer car elle appartenait à un autre et c'est autre était son Ami, son Meilleur Ami, Son Confident.

Pourtant, c'est à lui qu'elle parlait lorsqu'ils étaient à trois, c'est avec lui que les conversations en tous genres, en tous styles se faisaient. Son ami, lui, ne parlait pas, comme si rien ne l'intéressait, comme si tout l'ennuyait, comme s'il était ailleurs.

Un jour, ils sont partis tous les trois en train à la capitale rejoindre de ses compères. C'était un dimanche de printemps. Il a fait les présentations, ils ont fait connaissance, sont partis au marché pour acheter ce de quoi préparer à manger. Une belle matinée ensoleillée. C'était avec lui qu'elle goûtait les fruits, c'était avec lui qu'elle discutait des marchandises et d'autres choses, c'était avec lui qu'elle riait.

Et l'ami, quant à lui, restait en retrait comme s'il s'en foutait.

Elle ne remarquait pas l'amour qu'il lui portait, elle ne remarquait pas que l'ami s'en foutait, du moins, elle ne faisait rien paraître.

Son ami lui avoua au cours de la journée qu'il voulait la quitter, qu'il n'avait rien à partager avec elle. Sans doute la raison de son attitude distante.

Serait-ce l'occasion inespérée pour lui ? Mais comme à l'habitude, il ne fit rien paraître. Il ne le pouvait pas, du moins pour un temps.

Ils passèrent tous une agréable journée. Au retour dans le train il lui dit que quoiqu'il arrive, il espérait qu'ils garderaient le contact. Elle n'avait pas compris sa réflexion. Pour elle, c'était évident qu'ils continuent à se voir.

Ce n'est que quelques jours après la rupture qu'elle comprit le pourquoi de cette réflexion.

Et quelques mois passèrent où elle ne donna aucune nouvelle. Que devait-il faire ? Attendre ? Aller la voir ? Il attendrait. C'était plus sage à ses yeux. Elle, par contre, se dit que ses dernières paroles ne valaient rien et fût déçue.

Un an passa, et puis un jour, ils se sont revus au hasard d'une rue. Inquiet, il lui demanda la raison de sa disparition. Étonnée, elle lui dit qu'il aurait pu prendre des nouvelles. Ils sont allés boire un verre et ont parlé, beaucoup parlé, de cette rupture, de l'état dans lequel elle était. Et lui, comme pris par une habitude d'avoir caché ses sentiments, il n'osait lui dire ce qu'il ressentait, ce qu'il espérait et a usé du même comportement d'il y a un an.

Et ils ont continué à se voir, à faire des choses ensemble, à partager les amis, les repas, les balades. Il avait décidé d'user de patience car elle ne semblait pas éprouver un sentiment plus qu'amical. En fait, elle ne savait pas, elle ignorait son amour pour lui jusqu'au jour où il dût s'absenter pendant plus d'une semaine. C'est là qu'elle comprit qu'il lui manquait, qu'il lui manquait terriblement, un manque peu ordinaire. C'est l'une de ses amies, témoin de leur relation, qui lui ouvrit les yeux.

À son retour, elle continua d'adopter la même attitude mais brûlait d'impatience du jour J.

Un soir, ils sont sortis danser avec l'amie qui lui fit voir clair. Jamais il n'osa l'inviter pour danser. L'amie l'encouragea à ce qu'il l'invite en lui faisant comprendre de manière subtile qu'il était temps d'agir en le rassurant qu'il devait surpasser la peur d'être refoulé, que cette peur n'était pas fondée.

Il l'emmena donc sur la piste de danse et c'est là qu'aucune parole ne pourrait égaler, qu'aucun regard ne pourrait exprimer, qu'aucun sourire ne pourrait enflammer autant que l'étreinte qu'il lui offrit généreusement.

L'étreinte, anagramme d'éternité, d'après Montherlant, le plus haut langage du corps et de l'âme, l'acte qui a déjà aidé tant de personnes à se réconcilier, le geste qui rassure, console et protège les enfants, le plus beau des baisers, le plus grand acte d'amour qui soit, la source de chaleur divine.

Par l'étreinte, ils se sont aimés.

20:10 Écrit par Yvonne Kastou dans Amour et Sentiments | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Une étreinte, Un début qui se nourrit de l'espoir de l'avenir ensemble...

Cordialement

Écrit par : Marie Lanson | 16/05/2007

Cocou Il est vrai que le langage du corps, les gestes, les regards, les ondulations, en disent souvent plus long et de façon plus riche et nuancée que les mots quand il s'agit d'amour. Bonne soirée. Très beau texte, et qui me rappelle un épisode de ma vie dont je garde un souvenir incandescent.

Écrit par : Edouard | 16/05/2007

L'étreinte... ... que j'aimerais te faire, c'est la renaissance.
Oh hé j'essaie moi !!!!

Écrit par : Ton Prince Charmant | 16/05/2007

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