16/05/2007

Vacances à l'ancestrale

Je me souviens d'elle comme si c'était aujourd'hui. Elle approchait les 80 ans et avait décidé de quitter la maison de son beau-fils pour retourner dans ses terres sur l'île où elle possédait une maison. Elle avait décidé de laisser derrière elle la modernité pour retourner à la vie ancestrale. Comme la plupart des maisons là-bas, toutes les pièces formaient un rectangle pour entourer une cour centrale. Il fallait obligatoirement passer par cette cour pour se rendre d'une pièce à l'autre. Dans la cour, il y avait une petite pièce supplémentaire où elle y logeait un mouton et en plein milieu, une fontaine à l'abandon. Il n'y avait pas d'eau courante, il fallait aller la chercher au puit, ce qu'elle faisait tous les matins à l'aube avant qu'on ne se réveille pour préparer le café du petit déjeûner. Pour se laver, nous devions obligatoirement être à deux. On avait instauré un système de douche avec une vieille boîte en plastique qu'on avait trouée pour faire passer l'eau. L'un remplissait la boite pour que l'autre puisse se laver. Il n'y avait pas non plus d'électricité et l'on s'éclairait avec des lampes perchées sur des bonbonnes de gaz. La cuisinière était aussi alimentée par une bonbonne ou parfois elle cuisinait sur un brasero en terre cuite, ce qui relevait encore plus le goût.
Je me souviens d'une chose qui m'avait fortement marquée, c'est qu'elle ne possédait qu'une seule casserole. Cette casserole servait à tout : cuisiner, faire la vaisselle, lessiver, etc... Au début, ce n'était pas pour nous plaire mais après réflexion, je pense que jamais je n'avais vu ni ne verrai plus jamais une casserole aussi propre et aussi brillante que celle-là. Elle vivait avec le stricte nécessaire. Tout accessoire était inutile à ses yeux. Du moins, c'est ce qui paraissait car nous ne savions que peu communiquer avec elle étant donné qu'elle ne parlait pas le français.
Comme tous les enfants de notre age, nous aimions passer nos journées à la plage, mais un jour, mon père ne voulait pas y aller. C'était bien trop loin de s'y rendre à pied, alors, pour nous faire plaisir, elle nous prêta un âne et une charette. Quel bonheur que cette balade en charette.
Tout le long de la plage, il y avait des carcasses de cabanes faites avec des troncs de palmiers. Il suffisait chaque été de les recouvrir de feuilles de palmier pour se protéger du soleil. Nous avions l'impression d'être les « Crusoë » des temps modernes d'autant plus que ces plages étaient, à l'époque, bien désertes. Il paraît qu'aujourd'hui tout est envahi d'hôtels.
Nous avons vécu un petit mois comme ça. Je ne sais si je pourrais vivre de cette manière éternellement, mais je vous assure, ça vous apprend la vie et l'on se rend compte qu'on vit avec neuf dixième de choses inutiles.
En tout cas, c'est certain, j'en garde un très bon souvenir de ces vacances à l'ancestrale.

20:22 Écrit par Yvonne Kastou dans Souvenirs | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

j'aime beaucoup ce texte il me ramène " quelques" années en arrière et me rappelle ma grand mère...

Amicalement

DomAry

Écrit par : DomAry | 16/05/2007

Super !!! Je n'ai que ça à t'offrir vu que je suis fauché. Allez viens !

Écrit par : Ton Prince Charmant | 25/06/2007

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