30/05/2007

mots défaits

Une femme est assise,

Puis couchée,

Puis de nouveau assise.

C’est moi.

 

Je ne saurais pas vous décrire ce que je ressens parce que je ne connais pas les mots pour qualifier ce qui me hante au point de me laisser croire que tout pourrait changer, mon monde, le vôtre, le leur.

Nous sommes tous grain de sable et le moindre grain a son importance, sa puissance, certes.

Ne pas donner de biens mais donner de soi-même.

 

Une femme est couchée,

Assise,

De nouveau couchée,

C’est moi.

 

Je me fous des combats que j’ai menés.

Je me moque de mes nuits noires et de mes dimanches.

Je ne renoncerai jamais à l’espoir.

Parfois mes pensées me donnent le vertige.

Personne ne pourra voler mes souvenirs.

 

Une femme est debout,

Puis assise,

Puis à nouveau debout.

C’est moi.

 

Mon cœur est un arbre lourd de fruits à cueillir et distribuer.

À quand le jour de ma récolte ?

Dans quel champs ai-je jeté la graine et en quelles saisons oubliées ?

Quand le gardien de la nuit viendra-t-il emplir ma lampe d’huile et l’allumera ?

Beaucoup de choses demeurent dans mon cœur inexprimés car moi-même ne peut révéler mon plus profond secret.

 

Une femme est assise,

Puis debout,

Puis à nouveau assise.

C’est moi.

 

Où est le plein midi de mon crépuscule ?

Je suis entre la naissance et la mort.

Retenir c’est périr et je me retiens.

La nuit ne s’achèvera donc jamais…

Avec pour seule, éternelle complice, une cigarette, toujours la même, dirait-on, toujours recommencée comme si on attendait d’elle une réponse qui ne viendrait pas.

 

Une femme marche,

Puis est assise,

Puis à nouveau marche.

C’est moi.

 

Moi qui aime la ponctualité, j’ai raté mon rendez-vous.

Non pas que j’étais en retard mais terriblement à l’avance.

Il faut dire aussi que je suis née en retard même si j’étais prématurée.

La misère morale qui m’accablait étant gosse, en butte à la brutalité, à l’injustice des adultes ou aux moqueries des garçons de mon âge.

Je demeurais les bras ballants sans voix.

Seuls les larmes et mes bulles de rêves.

 

Une femme est debout,

Puis accoudée,

Puis à nouveau debout.

C’est moi.

 

Aujourd’hui, je ne crois plus à la fertilisation par le désespoir, vieille baudruche judéo-chrétienne.

Force m’est de constater que toute peine me harasse, que l’affliction m’exténue, que le malheur m’abrutit, que la désolation me crétinise.

À quoi bon mêler toujours émotions et sentiments ?

Pourquoi ébaucher ce flirt des âmes toujours si parasité de restrictions mentales qu’il tourne immanquablement à la fraude ?

 

Une femme est assise,

Puis couchée,

Puis à nouveau assise.

C’est moi.

 

J’ai toujours eu des lâchetés inutiles et des courages catastrophiques.

Personne ne traduit-il donc jamais personne ?

Et si je le fais, serait-ce cette raison d’être éternellement rejetée.

De faire peur comme si j’étais voleuse d’âme ?

Castratrice de la pensée ?

J’ai trébuché dans le temps, aujourd’hui je dérape dans le sang.

En quête d’un absolu dérisoire, exigeant tout, c’est-à-dire pas grand chose.

Les jeux de mots sont défaits – des faits.

 

Une femme est assise,

Puis couchée,

Puis couchée à jamais.

C’est moi.

19:45 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

Commentaires

douleur de l'écrit c'est dur à lire...ça fait mal..on veut consoler, chérir l'être en désarroi qui mérite une épaule accueillante et une écoute amicale et éternelle.....pour un vrai partage à deux dans le respect des sentiments.

Écrit par : John Wayne | 30/05/2007

superbe! C'est une atmosphère, un instant suspendu, lire et relire pour en extraire tout le contenu, souffrir avec celle qui souffre, comprendre ou du moins essayer, celle qui souffre. J'ai adoré me baigner dans ces mots, Yvonne.
Bon we. Amitiés!

Écrit par : mimi | 01/06/2007

Un texte magnifique emplis de sensibilité et d'émotions. Toute une atmosphère que l'on vit au plus profond de soi.
J'ai vraiment beaucoup aimé.

Bisous tendres,
A très bientôt

Écrit par : La Bohème | 04/06/2007

Alors debout....toutes ensemble!! J'aime beaucoup l'idée que tu as laissée sur mon blog... de mettre les mots au service de la société afin qu'ils ne soient plus que de simples mots.
Rejoins nous sur la plate-forme les Dames et les Rois de Coeur que Cygne a créée et faisons de ton idée un projet commun. (le lien du forum Dames et Rois de Coeur se trouve dans la colonne de droite de mon blog)
Bisou Yvonne,
Yasmina

Écrit par : Yasmina | 05/06/2007

Je passais... lire tes derniers textes. Quel dommage, tu ne postes plus? peut-être es-tu trés occupée aussi! je repasserai dans quelques jours voir s'il y a du nouveau. En tous cas bon we, Yvonne, à bientôt!

Écrit par : mimi | 07/06/2007

Whaoo ! ;o)
Yasmina m'a dit de venir ici puis de te contacter.
D'abord je suis venue ici et ça a fait tilt : musique... Queen... blues... philosophie...blog bleu. Pas de délires d'une vie intérieure prédominante, pas de miel, de crême écoeurante, de chromos pailletés, pas de kitcheries, de baisers baveux qui confondent amour-amitié-relations.
Mais... c'est le mien ce blog ! du moins celui que j'aurais dû faire.
Pas beaucoup de temps aujourd'hui pour m'enfoncer dans le fauteuil, mais je reviendrai, ça c'est sûr ! Je me sens bien chez toi.
Yasmina a dit que je te contacte, alors j'y vais tout de suite.

Écrit par : Cygne | 08/06/2007

TITRE J'ai oublié de mettre un titre à mon com, alors le voilà : Symphonie en bleu majeur.
Trêve de... je reviens car je ne trouve pas la balise pour t'envoyer un mail... Il y en a une ? J'ai pourtant mes lunettes de mamie sur le nez...
tu me dis où ?

Écrit par : Cygne | 08/06/2007

Couchée, assise... assise, couchée..... je savais que tu pronais le kamasutra !!!! aaaayyyyeeeeuuuu

Écrit par : Ton Prince Charmant | 25/06/2007

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