21/06/2007

Un été

Un été va commencer tel qu’on n’en verrait plus jamais de semblable.

Celui au cours duquel elle va coucher sur le papier l’expiration d’une âme dépouillée.

Les choses ont mauvais haleine.

Il s’est fait comme un nœud dans le fil de sa vie.

 

Ce matin, elle s’est levée les lèvres putréfiées,

Les mains épineuses

Et le regard moite.

 

Ce matin, elle a trouvé son compteur cassé.

À force de l’avoir souvent remis à zéro, il s’est brisé.

Comme quoi, rien n’est éternel.

 

Sentiment de malaise de n’être que rarement à l’unisson,

De se sentir coupé des autres,

De s’éprouver différentes,

D’où une mélancolie profonde.

 

Venue au monde par une nuit sans lune,

Au plus noir de la plus sombre des forêts,

Elle dût pousser à la dure très tôt,

Souvent seule et rarement libre.

Pénible condition mais son regard restait tendre.

 

Plus rien, désormais, ne sera comme avant,

Elle évoluera plus secrètement au cœur d’un monde plus terrible,

Elle vivra plus absurdement sous des cieux plus vides.

Quel tumulte,

Charivari de passions,

Orgie d’exaltation et de souffrance,

Gaspillage ardent …. Au final elle n’en peut plus.

 

Son opiniâtreté est imbécile et incontrôlable.

 

Sacré emploi du temps.

C’était épuisant.

Il n’y avait plus guère de place pour autre chose.

Le combat douteur, à l’incertaine issue.

Chagrin latent,

Rongeant comme un acide tous les liens noués avec le monde,

Avec l’avenir.

Comme une béatitude à l’envers.

 

On dit que le malheur purifie le sang.

Pourtant il l’a fait amère,

L’a rendue révoltée.

Ses aventures,

Ses liaisons,

Ses intrigues,

Ses combats,

Ses victoires,

Ses défaites.

 

Que dérive, sur la mer déchaînée, le frêle esquif à bord duquel elle se mutine et devient seule maîtresse.

Qu’on la laisse à son mépris de cette époque.

Elle est de ces temps anciens que rien ne peut actualiser.

 

Elle est exclusive.

Elle n’est pas civilisée.

La rumeur ne coure-t-elle pas qu’un épileptique guérit de son mal s’il boit le sang encore chaud d’un gladiateur à même sa blessure.

 

Un été va commencer,

Celui au cours duquel une âme va expirer.

14:02 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

... Cette nuit l'été commence, c'est la nuit la plus courte, c'est la promesse d'un soleil qui réchauffe même les coeurs les plus tristes...

Cordialement
Marie Lanson (rubrique "plumes")

Écrit par : Marie Lanson | 21/06/2007

Et si tu tentais, dans un moment où ton errance t'autorise un instant de repos, de percevoir le bouton sur le mur de ton sombre couloir, ce petit bouton sur lequel il te suffirait d'appuyer pour qu'une lumière se fasse guide ? Ne vois-tu pas cette minuscule lampe orange qui vacille tout là-bas ? C'est là. En courant ou en rampant, ne le rate pas.

Écrit par : CygneGFJQ6 | 22/06/2007

un soleil d'été basque pour combattre la morosité le soleil du pays basque réchauffe les coeurs et entraîne les êtres à exprimer par le chant basque les mélancolies, les bonheurs, les incertitudes, les tristesses,les combats....mais quand ces chants sortent des poitrines mâles ou des choeurs mixtes, tout s'efface pour t'amener vers une douce béatitude, une évasion exaltante et te faire oublier certaines vicissitudes ou les médiocrités quotidiennes...se laisser prendre par cette puissance vocale qui t'emporte dans un tourbillon musical dans le ciel d'été : depuis St Jean de Luz je t'envoie moralement un peu de cette ferveur d'un peuple farouche, comme tes ancêtres ou les miens, qui aide à être plus fort!

Écrit par : John Wayne | 23/06/2007

Avec toutes les formes de pudeur... ... je t'enlace de mes bras pour faire échapper tout ce qui te tourmente. Sans humour déplacé.

Écrit par : Ton Prince Charmant | 25/06/2007

Les commentaires sont fermés.