25/06/2007

Supplice

Ceux qui pensent tout voir

Et tout savoir

Sont bien souvent obscurcis de tant d’essentiels.

À l opposé du mal, le bien est imperceptible.

 

Ces sentences ne sont pas ce que tu aurais dû relater,

Parce que cette existence n’est pas ce que tu aurais dû endurer.

Écrire pour ne rien attendre de personne,

Comme si tu désespérais de tous.

Certains mots ont un goût mortifère.

Des mots sans souvenirs,

Des mots perdus comme tu l’étais toi-même.

Le plus futile,

Le plus indispensable,

Le plus accessible,

Le plus direct

Reste dans ton stylo.

 

Rendue à ta barbacane séquestration,

Tu lances les termes à la tête du lecteur avec la sauvagerie du défi,

Mais ils n’y voient que l’art.

Peut-on transmettre ce qui n’est sans doute pas reconnu à soi-même ?

À quoi ça sert d’être bien en étant comme un autre ?

 

Quelquefois tu éprouves une sensation de vouloir regagner un univers inconnu,

Flottements célestes où se décomposent les grillages de l’être,

Où les étoiles se rattrapent dans leur moelle.

Ce pays de l’au-delà où se composent ces flux opposés

Dont les bouleversements régissent les histoires,

De la même façon que germent les manifestations météorologiques,

Les nuages,

Les vents,

Les mouvements de la mer.

 

Tu entrais en communion avec des espaces insoupçonnés

Où s’inscrivent toutes les empreintes de la douleur.

Pas seulement celle perceptibles des hommes,

Mais aussi les lamentations des arbres amputés,

Les maux des animaux torturés,

Les gémissements de la planète malmenée,

Ravagée,

Les humiliations faites à l’oxygène,

À la couche d’ozone.

 

Impossible et vain de faire comprendre cette inconditionnelle souffrance.

Et cette souffrance te fait vivre dans la honte,

Tu la dissimules,

Tu la camoufles.

Tu n’as jamais traité avec elle,

Mais elle tentait toujours de traiter avec toi.

Tu savais qu’elle t’empêchait de vivre,

Et tu t’es toujours employée à la combattre.

 

Ceux qui pensent tout voir

Et tout savoir

Sont bien souvent obscurcis de tant d’essentiels.

À l opposé du mal, le bien est imperceptible.

 

 

15:23 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Questions de fond auxquelles je pourrais répondre pour moi-même en m'y reconnaissant parfois. Matière à réflexion...savoir composer avec le superflutout en préservant l'essentiel...

Écrit par : Edouard | 06/07/2007

Justement... ... ça tombe bien, j'ai une question dont je ne connais pas la réponse : tu m'aimes ?

Écrit par : Ton Prince Charmant | 19/07/2007

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