27/06/2007

À chacun sa vision du monde parfait

J’ai vu récemment un film dont un passage m’a particulièrement attiré l’attention. Le héro, sachant qu’il allait mourir s’est enregistré en vidéo pour pouvoir dire à son fils, non encore né, certaines visions de la vie. J’aimerai les partager avec vous, vous invite à la réflexion et peut-être, pourquoi pas, en discuter ensemble. En voici un extrait :

 

« Il faut surtout savoir que le monde n’est pas parfait. La vie c’est plus dur qu’un casse-tête chinois mais même dans les pires moments, il faut garder la foi.

Établis une liste, la liste des choses qui te semblent les plus importantes. Les 10 choses les plus importantes pour toi. Écris-les sur un papier. Personne ne peut réaliser les 10. C’est impossible. Si tu en réalises 5 ou 6, c’est pratiquement gagné. Tu te seras rapproché au maximum de ta vision du monde parfait. La vie passe plus vite que les vacances d’été. Alors profites-en. Profites de la vie. Profites-en bien. »

11:27 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

25/06/2007

Supplice

Ceux qui pensent tout voir

Et tout savoir

Sont bien souvent obscurcis de tant d’essentiels.

À l opposé du mal, le bien est imperceptible.

 

Ces sentences ne sont pas ce que tu aurais dû relater,

Parce que cette existence n’est pas ce que tu aurais dû endurer.

Écrire pour ne rien attendre de personne,

Comme si tu désespérais de tous.

Certains mots ont un goût mortifère.

Des mots sans souvenirs,

Des mots perdus comme tu l’étais toi-même.

Le plus futile,

Le plus indispensable,

Le plus accessible,

Le plus direct

Reste dans ton stylo.

 

Rendue à ta barbacane séquestration,

Tu lances les termes à la tête du lecteur avec la sauvagerie du défi,

Mais ils n’y voient que l’art.

Peut-on transmettre ce qui n’est sans doute pas reconnu à soi-même ?

À quoi ça sert d’être bien en étant comme un autre ?

 

Quelquefois tu éprouves une sensation de vouloir regagner un univers inconnu,

Flottements célestes où se décomposent les grillages de l’être,

Où les étoiles se rattrapent dans leur moelle.

Ce pays de l’au-delà où se composent ces flux opposés

Dont les bouleversements régissent les histoires,

De la même façon que germent les manifestations météorologiques,

Les nuages,

Les vents,

Les mouvements de la mer.

 

Tu entrais en communion avec des espaces insoupçonnés

Où s’inscrivent toutes les empreintes de la douleur.

Pas seulement celle perceptibles des hommes,

Mais aussi les lamentations des arbres amputés,

Les maux des animaux torturés,

Les gémissements de la planète malmenée,

Ravagée,

Les humiliations faites à l’oxygène,

À la couche d’ozone.

 

Impossible et vain de faire comprendre cette inconditionnelle souffrance.

Et cette souffrance te fait vivre dans la honte,

Tu la dissimules,

Tu la camoufles.

Tu n’as jamais traité avec elle,

Mais elle tentait toujours de traiter avec toi.

Tu savais qu’elle t’empêchait de vivre,

Et tu t’es toujours employée à la combattre.

 

Ceux qui pensent tout voir

Et tout savoir

Sont bien souvent obscurcis de tant d’essentiels.

À l opposé du mal, le bien est imperceptible.

 

 

15:23 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

21/06/2007

Un été

Un été va commencer tel qu’on n’en verrait plus jamais de semblable.

Celui au cours duquel elle va coucher sur le papier l’expiration d’une âme dépouillée.

Les choses ont mauvais haleine.

Il s’est fait comme un nœud dans le fil de sa vie.

 

Ce matin, elle s’est levée les lèvres putréfiées,

Les mains épineuses

Et le regard moite.

 

Ce matin, elle a trouvé son compteur cassé.

À force de l’avoir souvent remis à zéro, il s’est brisé.

Comme quoi, rien n’est éternel.

 

Sentiment de malaise de n’être que rarement à l’unisson,

De se sentir coupé des autres,

De s’éprouver différentes,

D’où une mélancolie profonde.

 

Venue au monde par une nuit sans lune,

Au plus noir de la plus sombre des forêts,

Elle dût pousser à la dure très tôt,

Souvent seule et rarement libre.

Pénible condition mais son regard restait tendre.

 

Plus rien, désormais, ne sera comme avant,

Elle évoluera plus secrètement au cœur d’un monde plus terrible,

Elle vivra plus absurdement sous des cieux plus vides.

Quel tumulte,

Charivari de passions,

Orgie d’exaltation et de souffrance,

Gaspillage ardent …. Au final elle n’en peut plus.

 

Son opiniâtreté est imbécile et incontrôlable.

 

Sacré emploi du temps.

C’était épuisant.

Il n’y avait plus guère de place pour autre chose.

Le combat douteur, à l’incertaine issue.

Chagrin latent,

Rongeant comme un acide tous les liens noués avec le monde,

Avec l’avenir.

Comme une béatitude à l’envers.

 

On dit que le malheur purifie le sang.

Pourtant il l’a fait amère,

L’a rendue révoltée.

Ses aventures,

Ses liaisons,

Ses intrigues,

Ses combats,

Ses victoires,

Ses défaites.

 

Que dérive, sur la mer déchaînée, le frêle esquif à bord duquel elle se mutine et devient seule maîtresse.

Qu’on la laisse à son mépris de cette époque.

Elle est de ces temps anciens que rien ne peut actualiser.

 

Elle est exclusive.

Elle n’est pas civilisée.

La rumeur ne coure-t-elle pas qu’un épileptique guérit de son mal s’il boit le sang encore chaud d’un gladiateur à même sa blessure.

 

Un été va commencer,

Celui au cours duquel une âme va expirer.

14:02 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

13/06/2007

Tournent les saisons, passent les années.

Tournent les saisons, passent les années.

N’est-elle qu’une simple femme qu’on prend ? Qu’on laisse sans espoir d’avenir ? Un échange de peau ? De solitude ? D’énergie vitale qui n’engage rien d’essentiel ? Une simple affaire de corps ? N’est-elle qu’un acte banal ?

Au bout de toutes ces questions, une seule chose certaine, une seule réponse : Elle n’en peut plus. Même les mots ne suffisent plus.

Elle est comme un cancer irréversible. Cette espace qui la ronge, qui la tire dans toutes les marques de souffrance. Pas seulement celles visibles des hommes, mais aussi les plaintes des arbres mutilés, les douleurs des animaux torturés, les gémissements de la terre maltraitée, saccagée, les injures faites à l’air, à la fragile enveloppe protectrice de l’atmosphère.

 

Tournent les heures, passent les jours.

Quel leurre d’avoir imaginé un futur meilleur. Naître dans la boue c’est être voué à y rester. Bulle d’air et rien d’autre. Tout n’est qu’invention. Elle ne veut plus entendre de moralité, elle ne veut plus être rassurée. Elle est fatiguée et aimerait qu’on la laisse dormir ou plutôt que le sommeil vienne la chercher. Elle a bien tenté d’appuyer sur la pédale avec l’espoir de rencontrer un obstacle.

Son cœur est comme rempli de débris de verre qui au moindre battement déchirent l’intérieur.

Inexorable agonie, tumulte permanent. Effroi, révolte, accablement, tout est si compliqué, si étrange, si inextricable.

 

Tournent les minutes, passent les heures.

Un fouillis de questions la harcèle, elle s’interroge, elle scrute …Et soudain la foudroyante conscience qui lui dit qu’elle n’est rien, moins qu’un brin d’herbe.

Comment peut-elle continuer de vivre devant pareille révélation ?

Il y a celle qui vit des jours maudits, il y a celle qui souffre de solitude.

Qu’ont-elles de commun ? Toutes deux sont continuellement à la mort.

Elle voit le monde, pense le percevoir. Mais comme un mirage, il se dissout lorsqu’elle s’en approche, se défait, se dilue, perd la réalité qu’il semblait avoir l’instant où elle éprouvait le besoin d’y pénétrer.

Elle voudrait rencontrer en elle la terre ferme de quelque certitude mais n’y trouve que sables mouvants.

 

Tournent les secondes passent les minutes.

Atmosphère pesante, sensation d’être toujours décalée.

Personne n’ayant le courage de l’apprivoiser. Loch Ness.

Et cette blessure qui ne cesse de saigner, qui la souille, l’avilit, qui veut dépouiller sa dignité et finit par la persuader qu’elle n’est qu’une minable.

Éboulement à l’intérieur de l’être. Sentiment de malaise de n’être que rarement à l’unisson, de se sentir coupé des autres, de s’éprouver différente.

Fatiguée, elle est vraiment fatiguée. Plus l’envie de se battre, plus l’envie de tenter de comprendre. Elle se sent médiocre.

 

Si chacun a son ange, dites au sien de venir la chercher.

15:01 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

12/06/2007

Le point du non-retour

Pauvre naïve, les pieds dans la tombe, elle crève à l'intérieur à petit feu. Sur l'océan, elle s'est échouée.

On lui avait promis qu’elle toucherait les étoiles.

Elle y a tellement cru mais Vous !

Oui Vous !!!

Vous avez franchi les barrières du non retour.

Au nom de quoi ?

Au nom de qui ?

Alors, elle est là, et ça la mord, encore et encore…

Cet univers frivole où chacun tente par quelques entreprises de séduire.

Puis, après avoir joué de ses charmes, laisse l'héroïne tragique sombrer, mais . . .

Elle se sent poisson échoué qui expire.

Et quant elle observe la vie, elle voit rôder la mort…

La vie a tout fait pour la débaucher et seule la mort pourra la moraliser,

Seule la mort pour soulagement.

Elle a été trahie.

Quel exercice terrible de ne pas être comme le passé l’a moulu.

Ce moule, fabriqué avec les gens de passage,

Alchimie d’un bref instant qui fait de nous tout ou rien.

Seigneur de la débauche et des plaisirs turpides,

Tu veux posséder son âme.

Parfois elle se tait,

Parfois elle en parle,

Parfois elle rumine,

Parfois elle l’exprime…
Parfois elle l’écrit,

Parfois elle se cogne sur un mur,

Parfois elle rougit,

Parfois elle tourne au vert.
Ou elle l’avale, le crie, le pleure.
Parfois elle se venge, des fois  elle oublie, ou vit avec.
Des fois elle réfléchit, analyse, en tire des leçons.
Elle grille une cigarette, des cigarettes,

Parfois elle se gave, ou devient anorexique.
Elle écoute du blues, des fois du classique.
Elle regarde un film drôle, ou un film de Woody Allen.
Elle dort.

Quelle chimère est-ce donc que l’homme ? se demandait Pascal.  

Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige !

Juge de toutes choses, imbécile ver de terre ;

Dépositaire du vrai,

Bourbier d’incertitudes et d’erreurs ;

Gloire et rebut de l’univers.

 

Elle a cru en vos paroles,

En vos mots,

En vos regards,

En vos actes.

Maintenant elle ne croit plus en rien

Ni personne,

Ni femmes,

Ni hommes,

Ni parents,

Ni amis….

Elle ne croit plus qu’en la mort.

Celle qui la délivrera de votre présence.

Celle qui ôtera ce virus indescriptible et insupportable qu’elle porte en elle.

 

Elle attend la mort,

Elle a dépassé la limite du non retour,

Fini le courage,

Fini l’espoir,

Fini les croyances,

Juste la mort,

Non pas la mort humaine,

La mort d’un corps,

Mais la mort d’une âme.

Aujourd’hui elle enterre son âme et en fera le deuil comme il se doit.

Place à l’âme débauchée, puérile.

10:30 Écrit par Yvonne Kastou dans Essence, Esprit et Philosophie | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |