19/07/2007

L'orage

Elle aimait l’orage.

Elle aimait lorsqu’il retentissait de toute sa puissance,

Comme si le ciel se déchirait.

Elle aimait ce son grave,

Comme si toutes les colères humaines s’étaient rassemblées en un seul cri.

Une plainte venue de l’au-delà avec toutes les forces du monde réunies.

 

Pendant les orages,

Elle prenait un plaisir à ouvrir la fenêtre,

S’asseoir au rebord et observer les éclairs.

En comptant jusqu’au grondement.

Elle se délectait en regardant tomber les pluies torrentielles.

 

Elle aimait à penser que la nature entière se mettait en révolte

Contre lequel l’humain ne peut rien.

Adad revenu à Babylone en compagnie d’Indra

Arinna chevauchant les nuages sur son char en compagnie de Thor.

 

Cette fois, elle était seule.

Elle attendait dans la voiture à admirer cette émeute naturelle.

Elle regardait les gens courir pour trouver un refuge.

Elle restait là.

À l’opposé de certains, l’orage la calmait, la rassurait.

Et ce petit pincement de peur la mettait plus en vie encore.

Elle rêvait même parfois qu’un éclair l’emporte.

 

Et la radio chantait,

Elle aimait aussi écouter la musique en voiture.

Enfermée dans ses quatre murs de métal,

Elle pouvait mieux percevoir les mots et les notes.

 

Et puis,

Cette chanson,

Chanson fantôme,

Surgie d’outre-tombe,

Cette chanson qu’elle n’écoutait plus,

Ces paroles qu’il lui avait fait trop de bien,

Pour ensuite lui faire trop de mal

 

L’orage était maintenant en elle.

Il poussait ses plaintes insupportables dans ses tripes.

Sa douleur indescriptible,

Sa puissance inégalée,

Sa force jamais pondérée.

Comme pour le ciel,

Ses viscères se déchiraient avec une puissance démesurée.

 

Un souvenir comme l’apparition d’un spectre.

Cet air, elle ne l’écoutait plus depuis un temps.

Ces mots l’affligeaient comme un couteau tourné dans une plaie.

Chanson déclaration,

Chanson aveu.

Elle l’avait écouté vingt à trente fois par jour.

Et l’entendre la ramenait à toutes ces questions laissées sans réponse.

Avait-elle pris trop comptant les moindres paroles ?

C’était à la fois bon et à la fois douloureux de l’entendre.

Bon parce qu’elle revivait ces moments intenses

Où elle aurait payé cher d’y revenir,

D’y re-goûter.

Et douloureux par l’actualité des choses.

Elle a passé son temps à attendre n’osant plus ou presque plus rien dire.

 

Avec le temps va tout s'en va

Monsieur Ferré avait bien tord.

Elle avait mimé Monsieur Jonasz

En cherchant partout

À en boire toute l’eau des rivières pour voir le fond

Et pour soulever les pierres,

À couper les arbres des bois pour voir plus loin

 

Après l’orage, la pluie,

Après la pluie, le soleil.

Son orage interne en fit de même.

20:28 Écrit par Yvonne Kastou dans Amour et Sentiments | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

S.O.S Je suis la mère de Yohan Lavigne et je lance un appel à ceux qui voudraient signer la pétition pour éclaircir la mort d’un jeune homme de vingt ans. Car l’on prétend un suicide par pendaison, alors que son corps ne porte que des traces de coups. Puis sur la soit disant lettre d’Adieu, il y a une autre écriture que celle de Yohan, certifié par analyse graphologique. Et l’on a voulu faire incinérer mon fils en usurpant mon identité. Je ne veux que la vérité et si vous voulez m’aider à l’obtenir grâce à une vraie enquête, ne serait ce que pour ne pas prendre le risque de laisser des assassins en liberté, alors signez la pétition qui se trouve en bas de page ou ce lien vous amène. http://www.altermonde-levillage.com/spip.php?article10516 Rarement il arrive que la confirmation de signature arrive dans la boite de réception, mais dans le courrier indésirable ou un nom similaire et l’on peut confirmer sans souci. merci. helenebourt@hotmail.fr

Écrit par : Hélène | 19/07/2007

Vraiment bravo Yvonne. Ce texte est magnifique, triste mais beau.

Bonne journée,

Écrit par : Bé | 20/07/2007

Bon matin, Ce texte est profond comme les tristesses les plus fécondes en poésie. Un écrivain a dit, approximativement: "les gens les plus tristes sont souvent les plus beaux, j'en connais d'immortels qui sont de purs sanglots.".
Ferré était sans doute ironique, comme Bécaud quand il chantait "la solitude ça n'existe pas".
L'orage me rend follement romantique, et il m'arrive aussi d'écouter, nostalgique, 20 à 30 fois la même chanson sur quelques heures. J'avoue ressembler un peu à cette femme que tu décris avec un talent et une inspiration indéniables. bravo et bon w-e à toi.

Écrit par : Edouard | 20/07/2007

Bonjour Nous n'avons malheureusement pas pu continuer le projet avec Le Cygne et nous avons de notre côté ouvert un forum de la solidarité ou nous échangeons et où nous essayons, bien difficilement d'agir concrètement, mais ce qui me touche et me fait le plus mal c'est que je n'arrive pas à bien écrire ce que je ressens au sujet de la solidarité (:-, jusqu'ici je me suis plutôt laissée aller à écrire au niveau de mon ressenti spirituel.
Pas facile de changer de cap !!
Je ne trouve pas les mots solidaires.
Si jamais tu as une inspiration et que tu veuilles l'offrir à notre groupe de "bénévoles-virtuels et réels", (nous sommes 37) alors ce serait un grand plaisir.
Voilà où j'en suis...pas facile de mettre en place la solidarité ...

http://groups.msn.com/Solidarity/_whatsnew.msnw

Yasmina

Écrit par : Yasmina | 20/07/2007

je le savais ... ... que tu m'aimais. Or (est l')age !!! Non ? han

Écrit par : Ton Prince Charmant | 15/08/2007

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